À PROPOS DE
NICOLAS LANGELIER

Mes projets





Compteurs



Réflexions

Une plateforme de plus

Updp Ça fait déjà un bon moment que je suis embêté, à propos de ce blogue. Toujours des questions à propos du ton à lui donner, de l'équilibre à trouver entre le journal personnel et la vitrine professionnelle. Il y a des choses qui ne se mélangent pas très bien. Par exemple, parce que je sais qu'un attaché politique va sans doute venir faire un tour ici avant ma rencontre avec la ministre, ou que la directrice des ressources humaines va faire ses recherches avant de m'accorder un contrat de formation, j'ai souvent un petit doute, quand vient le temps de faire une entrée: est-ce que c'est vraiment approprié? Est-ce que ce n'est pas un peu niaiseux, superficiel, douteux? L'air de ma chanson préférée de l'an dernier joué sur un iPhone, est-ce que c'est vraiment stratégiquement winner? Etc.

Et à cause de ce petit doute, il y a une forme d'autocensure qui s'installe, et c'est un peu plate. Alors j'ai créé un autre blogue sur cette fantastique nouvelle plateforme qu'est Tumblr pour tout ce qui est plus personnel, ou superficiel, ou dénué de tout intérêt pour 99% des gens normaux. Et puis c'est bien plus rapide et agréable de faire des billets sur Tumblr que sur TypePad, alors c'est beaucoup plus tentant.

nicolaslangelier.com sera donc l'endroit où je ferai les entrées liées directement à mon travail et aux attachés politiques. Pour tout le reste, il y aura une plateforme de plus. On se voit , et ici, et ridiculement partout, par les temps qui courent.

Du danger de voir le salut dans un politicien

Obama_sc_04_01_2007-731285 J'observe la frénésie autour de moi, je lis le statut de mes amis Facebook, et j'ai peur. J'ai peur parce que je sais que beaucoup de gens vont être déçus, au cours des quatre prochaines années.

Oui, Barack Obama est un politicien doué. Mais le mot-clé, ici, c'est politicien. Et aucun politicien, fusse-t-il le président des États-Unis, ne peut changer le monde à lui seul. Pourtant, c'est un peu l'espoir que bien de gens semblent mettre en lui, en ce moment.

Ce dont j'ai peur, c'est que leur déception face à l'influence réelle d'Obama pousse les gens à devenir encore plus cyniques et désabusés, par rapport à la possibilité de changer les choses. Qu'ils baissent les bras pour de bon, en se disant que si même Barack Obama n'est pas capable de faire mieux, il n'y a vraiment rien à faire, aucun espoir.

La semaine dernière, j'interviewais le Dr Gilles Julien pour le magazine Châtelaine. Il m'expliquait comment, à son avis, tout l'argent et les programmes gouvernementaux du monde ne pourront éradiquer la pauvreté chez les enfants. Ce qu'il faut, ce qu'il faudra, c'est qu'un jour toute la communauté retrousse ses manches et se serre les coudes, et prenne en charge le bien-être de ses enfants. Sans cela, aucun changement réel et profond n'est possible.

Et je pense que cette réflexion s'applique à l'ensemble de la société. D'expérience, je sais combien il est difficile de mobiliser les gens, de les pousser à s'impliquer, à faire quelque chose pour les autres. Tout le monde a d'excellentes raisons, bien sûr, à commencer par le manque de temps. C'est bien plus facile de «donner» son statut Facebook à Obama... Malheureusement, tant que nous laisserons à d'autres le travail de changer les choses, nous les condamnons à l'échec. Et nous nous condamnons au statu quo. 

Ce que j'espère, c'est que la victoire d'Obama nous donnera envie de faire notre part, dans notre milieu. Que ce soit au niveau social, culturel, économique ou politique, il y a des choses à faire, un urgent besoin de bras et de têtes. Prenons les choses en mains, nous-mêmes: c'est la seule façon de s'assurer que le véritable changement s'opère, et vite.

DFW

42339146 L'auteur et essayiste américain David Foster Wallace a été trouvé mort en fin de semaine. Suicide. Il avait 46 ans.

Très touché en apprenant la nouvelle, hier soir. Comme si c'était un ami qui était mort, plutôt qu'un lointain auteur avec une affection particulière pour les notes de bas de page. D'abord parce que que DFW était un écrivain extrêmement doué, certainement l'un des plus grands de sa génération. Le mot génie est trop souvent utilisé, de nos jours, alors je ne l'emploierai pas. Mais il ne fait aucun doute qu'il était doué d'une intelligence bien au-dessus de la moyenne, couplée à un sens de l'humour irréprochable et à une connaissance et un amour de la culture populaire comme on n'en voit que trop rarement, dans le milieu littéraire. Et son talent pour l'écriture en tant que telle était unique; il avait une capacité à faire des phrases longues et complexes qui, pourtant, coulaient le plus naturellement du monde. Avoir le quart de son talent serait déjà être dans une classe à part.

Mais le fait que sa mort soit un suicide la rend encore plus difficile à prendre. On savait que Foster Wallace était triste, souvent dépressif; mais en ce sens, il était comme beaucoup d'entre nous, confronté aux mêmes questions sans réponses, aux mêmes culs-de-sac spirituels, aux mêmes angoisses. Et pourtant il continuait à essayer de comprendre, à avancer, à écrire -- il y avait quelque chose de rassurant, là-dedans, quelque chose qui donnait du courage et l'envie de continuer, de savoir qu'on était pas seuls, qu'il y avait des g***** qui s'entêtaient à chercher le bonheur et la sérénité. Mais vendredi dernier il a décidé de lancer la serviette, et c'est un peu de notre espoir qui s'éteint avec lui.

Le cliché, dans ces occasions, est de dire qu'heureusement, il nous reste ses livres. Alors voilà: heureusement, il nous reste ses livres. Son énorme roman, d'abord, Infinite Jest, 1079 pages à couper le souffle. Mais, peut-être surtout, je continuerai à lire et à relire les nombreux essais qu'il a écrit, depuis une quinzaine d'années. Plusieurs ont été réunis en recueil, dans A Supposedly Fun Thing I'll Never Do Again et Consider The Lobster. Dans ce dernier livre, d'ailleurs, il y a un essai sur John McCain (Up, Simba) qui devrait être une lecture obligatoire pour quiconque s'intéresse à l'actuelle campagne électorale américaine.

En 2005, il a prononcé le commencement address aux finissants de Kenyon College. On peut lire la transcription ici. Il y a un passage là-dedans que j'avais copié et qui est toujours là, collé près de mon bureau:

And the so-called real world will not discourage you from operating on your default settings, because the so-called real world of men and money and power hums merrily along in a pool of fear and anger and frustration and craving and worship of self. Our own present culture has harnessed these forces in ways that have yielded extraordinary wealth and comfort and personal freedom. The freedom all to be lords of our tiny skull-sized kingdoms, alone at the center of all creation. This kind of freedom has much to recommend it. But of course there are all different kinds of freedom, and the kind that is most precious you will not hear much talk about much in the great outside world of wanting and achieving and displaying. The really important kind of freedom involves attention and awareness and discipline, and being able truly to care about other people and to sacrifice for them over and over in myriad petty, unsexy ways every day.

That is real freedom. That is being educated, and understanding how to think. The alternative is unconsciousness, the default setting, the rat race, the constant gnawing sense of having had, and lost, some infinite thing.

***

Edit: Very Short List présente une entrevue donnée à Charlie Rose.

Pour les lève-tôt

Grâce à la magiiiie de Radio-Canadaaaa, je ferai deux chroniques à C'est bien meilleur le matin pendant les Fêtes.

Mercredi 26 décembre, 6h40: réflexions sur le boxing day et l'importance de rester chez-soi en pyjama.

Mercredi 2 janvier, 6h40: considérations sur l'art de tenir ses résolutions, en 2008.

C'est au 95,1 fm, à Montréal.

J'en profite pour tous vous souhaiter de très belles vacances, et une heureuse et optimiste année 2008. Je suis de retour en janvier.

Le bon vieux temps

1_2L'incompétence crasse de Sympatico m'obligeant, pour la prochaine SEMAINE, à utiliser une connection Internet basse vitesse (c'est le genre de problème qui vient avec le fait d'habiter un endroit sauvage et reculé comme le Mile-End), ça me donne au moins le temps de réfléchir. Que faisions-nous, avant, pendant ces interminables secondes/minutes pendant lesquelles les pages se chargent, les photos apparaissent, les vidéos se téléchargent? Entretenions-nous une sorte de dialogue intérieur? Gardions-nous un magazine à côté de nous, une bible, un exemplaire du Capital? Je ne me souviens pas d'avoir eu cette patience. Ce doit être pour ça que je fumais.

Cela dit, pour revenir à Sympatico, quelle entreprise indigne d'un pays développé, en 2007... D'ailleurs, je pense que même les Afghans auraient raison de se plaindre de ce qui doit être le pire service à la clientèle depuis le salon de coiffure de Robespierre. Comme Bell en général, bien sûr. Invraisemblable. Teachers est-il vraiment conscient qu'il vient d'acheter l'équivalent corporatif d'un bungalow sur la pyrite?

Chose déprimante 2

Réaliser, par un lundi après-midi de juin, qu'on est en train de se planifier une rencontre de travail pour le mois de septembre.

Chose déprimante

L'obsession des babyboomers pour le mythe Expo 67.

«L'Expo, c'était il y a 25 ans! Remémorons-nous cette époque formidable qui a changé le cours de l'humanité!»
«L'Expo, c'était il y a 30 ans! Remémorons-nous époque formidable qui a changé le cours de l'humanité!»
«L'Expo, c'était il y a 35 ans! Remémorons-nous époque formidable qui a changé le cours de l'humanité!»
«L'Expo, c'était il y a 40 ans! Remémorons-nous époque formidable qui a changé le cours de l'humanité!»
«L'Expo, c'était il y a etc.»

On ne pourrait pas attendre à 2067, pour le prochain cahier spécial?

2007

Juste un petit mot pour vous remercier d'avoir traîné par ici, en 2006. Merci à ceux qui ont laissé des commentaires cette année, stars du 2.0 que vous êtes. Merci aussi à tous ceux et celles (faudrait que je fasse quelque chose à propos de ce dédoublement technoratique) qui lient vers ici, c'est apprécié, même quand c'est pour expliquer combien je dis n'importe quoi ;) Souhaitons-nous plus de vraies bonnes discussions, physiques ou virtuelles, en 2007, plutôt que de la simple émission d'opinions, chacun sur notre tribune. De la coopération, aussi. De la véritable nouveauté. Un peu de changement pour le mieux. Un peu plus de beauté sur une base quotidienne. Des prises de conscience. Des révolutions tranquilles. Et une coupe Stanley, tant qu'à y être.

Mystic_beachn_1Pour l'instant, je m'envole pour le Yucatan, ses plages, ses plats à base de maïs, ses plats à base de fêves, ses plats à base de maïs et de fêves. De retour quelque part en janvier. Amusez-vous bien.

À propos de la solitude au 21e siècle

De temps à autre, il m’arrive de donner des présentations portant sur Internet et les nouveaux moyens de communication. Et presque à chaque fois, c’est quasi immanquable, un des participants y va d’un commentaire/question sur les risques que posent ces nouvelles manières de communiquer, en terme d’isolement, de solitude, du fait qu’on connaît-des-gens-à-l’autre-bout-du-monde-mais-qu’on-ne-connaît-même-pas-nos-voisins. À chaque fois, ma réponse est la même: oui, il y a des risques, mais ultimement, Internet nous permet de rencontrer physiquement des gens qui, autrefois, auraient probablement continué à évoluer dans des milieux différents du nôtre. Nous créons sur Internet des communautés d’intérêt que, en raison de notre nature profondément sociale, nous avons inévitablement envie de reproduire dans le monde physique.

Je réfléchissais à ça, hier soir, en revenant du Yulblog. En 2006 seulement, j’ai rencontré un grand nombre de gens que j’avais d’abord «connus» sur Internet: Alex, André, Andrée-Anne, Annie B., Annie Q., Catherine (bon, re-rencontré, disons), Daviel, Éric, Frederic, Gwenaëlle, Julien, Marie-Noëlle, Martine, Michel, Nika, Olivier, Patrick, Véronique et bien d’autres encore. Tous des gens brillants et allumés et désireux de tisser des liens avec les gens autour d’eux.

Tout ce monde-là ne sont pas devenus des amis profonds et indéfectibles, bien sûr; comme c'est là, j'ai déjà assez de difficulté à trouver du temps à consacrer aux amis que j'ai déjà. Mais néanmoins, ils font maintenant partie de mon réseau étendu, avec ce que ça implique de mini-conversations sur la rue, de coups de main au besoin, de plogues et de recommandations quand l'occasion se présente, et de projets communs potentiels, un jour. C’est déjà beaucoup, non?

La logique

Il persiste une grande hypocrisie collective, par rapport à l'environnement. Tout le monde se dit très préoccupé par l'environnement, mais les gestes concrets révèlent souvent une réalité différente. C'est le cas avec l'automobile: on se scandalise du nombre d'automobiles en circulation, mais on prend quand même sa voiture pour aller au centre-ville, par exemple, ou on refait complètement la rue St-Denis en laissant le même espace disproportionné aux voitures, ou alors on peste contre les vélos.

Autre exemple, aujourd'hui: je verrouille mon vélo devant la Maison de Radio-Canada. Quand je reviens, je le trouve affublé d'un deuxième cadenas, celui-là frappé du logo de RC. Je n'avais pas le droit de laisser mon vélo là, apparemment. Plus d'une demi-heure après mon appel à la sécurité, un gardien arrive finalement. Je suis, bien sûr, en maudit.

Moi: C'est quoi ce *** de niaisage-là, de barrer les bicycles?
Gardien: C'est logique.
Moi: Quoi?! En quoi c'est logique? Y a absolument rien de logique là-dedans!
Gardien: Y a un stationnement à Papineau, un autre à Wolfe, c'est logique que t'as pas le droit de te barrer là.
Moi: ...

Bon, les gardiens de sécurité ne sont généralement pas reconnus pour la qualité de leur jugement. Mais quand même, ça en dit long. Au Québec, le vélo est encore quelque chose qu'on peut parfois tolèrer, mais il ne faut vraiment pas qu'il dérange.

On est encore très loin de ça, mettons.

Mes livres sur Amazon

  • Quelque part au début du XXIe siècle
    Les années 00 vues par 40 jeunes créateurs et observateurs québécois, dont Nicolas Dickner, Marie Hélène Poitras, Rafaële Germain, Hugo Latulippe, François Létourneau, Isabelle Blais et plusieurs autres.
  • : Dix mille choses qui sont vraies

    Dix mille choses qui sont vraies
    Recueil de mes chroniques parues dans P45 et La Presse. Tome 1, de 9901 à 10 000.

QUELQUES TEXTES, CHRONIQUES ET CHOSES DIVERSES

  • Un aperçu de mes contributions récentes à des journaux, magazines, sites web, émissions radiophoniques et autres.

Chroniques télé

Critiques