À PROPOS DE
NICOLAS LANGELIER

Mes projets





Compteurs



Que sont-ils devenus?

La religion au Québec dans le Harvard Divinity Bulletin

Cover_sprsum09 Je n'aurais jamais imaginé que le premier magazine à me publier en anglais serait le Harvard Divinity Bulletin, le magazine produit par la faculté de théologie de l'Université Harvard. Mais bon, il y a des hasards comme ça, dans la vie. 

En fait, le hasard a été grandement aidé par D.Y. Béchard, qui signe l'article principal de ce numéro: Disobedient Ancestors, un essai sur la religion au Québec via l'histoire de son père, qui a quitté le Québec dans les années 1960. Mon texte, Life in a Godless Place, se voulait un complément à celui-ci, abordant l'état de la religion chez nous depuis la Révolution tranquille. 

For me, as for the vast majority of Quebecers of my generation (I was born in 1973), religion was an abstraction, something that happened to inhabitants of less modernly inclined countries, like Pakistan, say, or the United States.

Obviously, you can't expunge 350 years of Catholic fervor in the matter of a generation, and religion was still faintly visible, like a watermark: in the steeples that punctuate the Montréal skyline and the tin-roofed churches that dot the countryside; in our profanity that consists of strung-together religious terms such as tabernacle and ciborium; in our national literature, dramaturgy, and cinematography; in historical accounts, be they about politics or social issues or apparently unconnected subjects like colonization or botany; in the childhood stories of my parents, with their scary tales of convent life and boarding-school education. But religion had become a purely cultural factor, as much a part of my heritage as my eighteenth-century accent or my maple syrup habit, but without any actual connection to the modern world. The last churchgoing generation—that of my grandparents—was slowly disappearing.


La suite se lit ici, donc.

Que sont-ils devenus?

4. L’espéranto

Ludovic Lazarus Zamenhof avait un grand rêve: créer une langue universelle qui contribuerait à la paix dans le monde. Et c’est ainsi qu’en 1887, l’ophtalmologue polonais mit au point l’espéranto, et que s’ensuivit effectivement la paix dans le monde. Ce fut une bonne chose de réglée.

Oui, bon, ça ne s’est pas passé exactement comme ça. Mais ce n’est pas faute d’avoir essayé: depuis 125 ans, l’espéranto a connu sa part de succès et de quasi-réussites. Au début du 20e siècle, par exemple, le Moresnet neutre, un tout petit territoire européen flirta avec l’idée de l’adopter comme langue officielle. En 1911, la Chine envisagea elle aussi la chose. Et durant la période stalinienne, les autorités soviétiques y voyaient une menace suffisante pour persécuter ses locuteurs. Mais avec le temps, l’intérêt pour l’espéranto a diminué (même s’il est toujours parlé par plusieurs centaines de milliers de personnes, et que Wikipédia compte plus de 10 000 entrées en espéranto, ce qui nous donne des perles comme « La Montreal Canadiens hoketeamo ludas en la Bell Centre »).

Une langue simple à apprendre, qui rapprocherait les gens de partout… L’idée était bonne, pourtant. Que s’est-il passé, donc? Il s’est passé la dominance culturelle anglo-américaine, et la Deuxième Guerre mondiale, et CNN, et Internet, et plein d’autres choses. Et la paix dans le monde, dans tout ça? George W. Bush travaille là-dessus.

Paru dans le cadre de la chronique Actuelités, La Presse, samedi 25 mars 2006

Que sont-ils devenus?

3. La consomption

Si vous lisez beaucoup de romans écrits avant les années 1940, disons, vous savez à quel point la consomption était big, jadis. C’était la Gwyneth Paltrow des maladies. À en croire les chroniqueurs de l’époque, les gens étaient toujours entre un sanatorium et un sommet de montagne, tentant pathétiquement d’en guérir avec leurs moyens rudimentaires de gens vivant à une époque pas très évoluée, biotechnologiquement parlant. Et les statistiques semblent effectivement donner raison aux romanciers : au 19e siècle et au début du 20e, la consomption était le principal problème de santé publique.

Puis pouf, elle a disparu de nos romans et de nos vies. C’est quand, la dernière fois où vous avez vu une discussion sur la consomption à la Fosse aux lionnes? Ou qu’un personnage de Virginie a été forcé à un congé de maladie pour cause de « langueur »? CQFD. La consomption s’est mystérieusement volatilisée. Pourquoi?

D’abord, un peu comme un informateur policier qui tente de refaire sa vie, elle a changé de nom : on dit maintenant tuberculose pulmonaire, ou phtisie. Et puis on a mieux compris comment elle se transmettait, on a inventé des méthodes de traitement, on a amélioré les conditions sanitaires, toutes des choses qui lui ont porté un dur coup. Mais sachez que la consomption/tuberculose tente actuellement un retour, dans une mutation résistante aux médicaments. Une histoire à suivre, donc!

Paru dans le cadre de la chronique Actuelités, La Presse, samedi 19 novembre 2005

Que sont-ils devenus?

2. La mélancolie

Il n’y a pas si longtemps, la mélancolie était une chose très répandue. Beaucoup de gens souffraient de ce vague état de tristesse, et les journaux, les romans, les opéras en étaient remplis. On pourrait bien sûr remonter aux Grecs antiques, qui ont inventé le mot et devaient donc s’y connaître, mais plus près de nous, au 19e siècle, la mélancolie était encore une chose fréquente, et on l’associait volontiers au génie torturé. C’était le « bonheur d’être triste » de Victor Hugo, et le « terrible don » de Byron. Et on ne se gênait pas, par exemple, pour parler de la mélancolie d’Abraham Lincoln. Bref, la mélancolie était partout (c’était le Richard Martineau de l’époque, en moins pénible). Mais voilà : avance rapide à notre époque et, zoum, la mélancolie a disparu. Finie. Oubliée. Comme ça, tout d’un coup. Le seul endroit où le mot semble se retrouver, de nos jours, c’est dans les textes des journalistes musicaux. Comment la mélancolie a-t-elle pu disparaître de nos vies? Où est-elle passée? Avons-nous trouvé le succès du bonheur? La réponse, malheureusement, est moins enthousiasmante : elle a seulement changé de nom. Ce qu’on appelait autrefois mélancolie, on appelle aujourd’hui dépression. C’est un peu comme l’aide sociale, finalement : on a beau maintenant l’appeler assistance-emploi, ça reste la même affaire plate.

Paru dans le cadre de la chronique Actuelités, La Presse, samedi 22 octobre 2005

Mes livres sur Amazon

  • Quelque part au début du XXIe siècle
    Les années 00 vues par 40 jeunes créateurs et observateurs québécois, dont Nicolas Dickner, Marie Hélène Poitras, Rafaële Germain, Hugo Latulippe, François Létourneau, Isabelle Blais et plusieurs autres.
  • : Dix mille choses qui sont vraies

    Dix mille choses qui sont vraies
    Recueil de mes chroniques parues dans P45 et La Presse. Tome 1, de 9901 à 10 000.

QUELQUES TEXTES, CHRONIQUES ET CHOSES DIVERSES

  • Un aperçu de mes contributions récentes à des journaux, magazines, sites web, émissions radiophoniques et autres.

Chroniques télé

Critiques