Que sont-ils devenus?
4. L’espéranto
Ludovic Lazarus Zamenhof avait un grand rêve: créer une langue universelle qui contribuerait à la paix dans le monde. Et c’est ainsi qu’en 1887, l’ophtalmologue polonais mit au point l’espéranto, et que s’ensuivit effectivement la paix dans le monde. Ce fut une bonne chose de réglée.
Oui, bon, ça ne s’est pas passé exactement comme ça. Mais ce n’est pas faute d’avoir essayé: depuis 125 ans, l’espéranto a connu sa part de succès et de quasi-réussites. Au début du 20e siècle, par exemple, le Moresnet neutre, un tout petit territoire européen flirta avec l’idée de l’adopter comme langue officielle. En 1911, la Chine envisagea elle aussi la chose. Et durant la période stalinienne, les autorités soviétiques y voyaient une menace suffisante pour persécuter ses locuteurs. Mais avec le temps, l’intérêt pour l’espéranto a diminué (même s’il est toujours parlé par plusieurs centaines de milliers de personnes, et que Wikipédia compte plus de 10 000 entrées en espéranto, ce qui nous donne des perles comme « La Montreal Canadiens hoketeamo ludas en la Bell Centre »).
Une langue simple à apprendre, qui rapprocherait les gens de partout… L’idée était bonne, pourtant. Que s’est-il passé, donc? Il s’est passé la dominance culturelle anglo-américaine, et la Deuxième Guerre mondiale, et CNN, et Internet, et plein d’autres choses. Et la paix dans le monde, dans tout ça? George W. Bush travaille là-dessus.
Paru dans le cadre de la chronique Actuelités, La Presse, samedi 25 mars 2006




