À PROPOS DE
NICOLAS LANGELIER

Mes projets

Compteurs




Propriété intellectuelle

Réforme de la loi sur le droit d'auteur, la suite

Malheureusement, la prise de conscience majeure qui se déroule actuellement au Canada anglais par rapport à l'importance d'une loi sur le droit d'auteur qui soit juste et équitable envers tout le monde (créateurs et ayants droits, oui, mais aussi usagers, consommateurs, étudiants, chercheurs, etc.)––malheureusement, donc, cette prise de conscience ne s'est pas encore manifestée au Québec francophone, du moins dans les médias grand public. Tout au plus avons-nous continué à avoir droit au mêmes chroniques mièvres accordant une place démesurée à la position d'organismes comme l'ADISQ.

C'est donc du côté des médias canadiens-anglais qu'il faut continuer à se tourner, pour avoir des points de vue pro-usagers. Deux exemples en date d'aujourd'hui:

1) Un éditorial du Vancouver Sun: Reformed copyright laws shouldn't suppress creativity

Copyright reform should open up new possibilities for maximizing enjoyment of cultural products and free the technology that has given them life. It should not bind them in a legislative straitjacket.

2) Un article dans la Gazette sur le choc culturel qui se dessine au Canada: Clashes likely to redefine Canadian identity

On one side of the copyright war, consumers and academics say that stronger copyright laws will curtail digital freedoms to appease powerful U.S. record labels and film studios. Their opponents in industry say better copyright rules will protect artists from piracy and better defend Canadian cultural identity.

Pendant ce temps-là, au Québec, tout le monde est occupé à pousser les hauts cris parce qu'il est possible qu'une boutique de linge engage une jeune fille qui ne parle pas français... Misère. De toute évidence, la plupart des Québécois--dirigeants, commentateurs et public en général--n'ont aucune idée de ce qui fait qu'une culture est VRAIMENT vivante, de ce qui la rend créative et dynamique, de ce qui fait qu'elle est riche et fertile ou qu'elle meurt à petit feu. La culture québécoise a infiniment plus à craindre de gens qui veulent la surprotéger avec des lois abusives que de quelques vendeuses unilingues anglais....

Réforme de la Loi canadienne sur le droit d'auteur: un sursis

Si vous n'avez pas suivi l'histoire, la voici résumée en quatre phrases: le gouvernement fédéral devait déposer hier aux Communes un projet visant à modifier la Loi canadienne sur le droit d'auteur. La plupart des observateurs estiment que ces modifications auraient mis la loi canadienne en phase avec le Digital Millenium Copyright Act américain, une réglementation penchant lourdement en faveur des titulaires de droits, au détriment des utilisateurs et de la population en général (domaine de l'éducation, milieu académique, chercheurs, créateurs, etc.). Le gouvernement Harper se serait ainsi plié aux pressions du gouvernement américain, d'une part, mais surtout des différents lobbys des détenteurs de droits. Il est aussi important de souligner que le gouvernement n'a pas consulté la population canadienne à ce sujet depuis 2001, aussi bien dire une éternité dans ce domaine.

Bref, ce projet s'annonçait désastreux pour quiconque a à coeur la vitalité de notre culture, au sens large du terme.

Mais voilà que, contre toute attente, le projet n'a pas été déposé hier. Et que, selon Michael Geist, il ne sera pas au moins avant la fin janvier. Que s'est-il donc passé, pour que le ministre de l'Industrie revienne sur sa décision?

Difficile à dire, à ce point-ci. Mais il semble assez évident que la très importante levée de bouclier qui était en train de se créer contre le projet de loi a fait réfléchir le gouvernement. Par exemple, un groupe Facebook, Fair Copyright for Canada, a réussi à regrouper plus de 20 000 internautes en quelques jours à peine. Des milliers de lettres ont été envoyées aux différents responsables politiques. Des pétitions circulaient. Des manifestations étaient prévues. Etc.

Bref, on assiste à l'une de ces rares occasions où l'implication citoyenne réussit à faire changer d'idée le gouvernement. En tant que citoyen, consommateur de culture, étudiant, individu préoccupé par la circulation des idées et la vitalité de la culture, on ne peut qu'être content d'un tel résultat, et un peu moins cynique devant l'efficacité de notre démocratie. Et puis, une fois de plus, Internet, les blogues et les réseaux sociaux ont démontré quels formidables outils démocratiques ils peuvent devenir, quand ils sont bien utilisés.

Bien sûr, rien n'est encore gagné: il reste à voir ce qui arrivera avec le projet de loi. Mais en attendant, il y a raison de se réjouir.

Voici ce que vous pouvez faire.

Ménage pré-vacances

Plusieurs choses d'intérêt:

• La vérité sur le «piratage» canadien:

• Pour rendre ses vacances productives: How to Get Rid of Things.

• La version canadienne du projet Guttenberg, qui offre des livres libres de droits.

• Un guide de Creative Commons sur les aspects légaux de la baladodiffusion au Canada (pdf).

• Des pictogrammes pour une vie heureuse.

• Une conférence à TED sur comment le design peut nous rendre heureux.

• De TEd toujours: ça ne m'était probablement jamais arrivé auparavant, mais ce projet de Microsoft m'a vraiment impressionné.

• Un bon site canadien sur la neutralité des réseaux.

• Une animation présentant l'évolution des noms des bébé entre le 19e siècle et aujourd'hui.

• Un article du Guardian sur les impacts négatifs des éoliennes au niveau social.

L'avenir des villes, selon The Economist.

• Un projet web de Miranda July.

Voilà... Ah, et j'ai aussi mis à jour mon blogroll.

Bon mois d'août, je suis de retour en septembre!

L’avenir des idées

Dans le combat de plus en plus pressant pour la protection du domaine public contre les assauts des entreprises de divertissement, de lobbys et de certains diffuseurs, Lawrence Lessig est l'un des penseurs les plus intéressants. Professeur de droit à Stanford, il a un talent particulier pour vulgariser des enjeux qui restent souvent obscurs lorsque laissés aux spécialistes (et même à certains journalistes...). Son Free Culture, en particulier, devrait être une lecture obligatoire. Mais son combat ne se limite pas au domaine des idées: c'est aussi à lui qu'on doit cette organisation essentielle qu'est Creative Commons.

Bref, tout ça pour dire que son livre The Future of Ideas vient d'être traduit en français, et qu'il est disponible gratuitement ici. Lessig y explique comment une protection accrue du droit d'auteur a un effet dévastateur sur la création et l'innovation, puisque les artistes et inventeurs ont de tout temps utilisé ce qui existait déjà pour créer des formes nouvelles.

Boycotter les majors

Six raisons de boycotter les majors, selon Downhill Battle, une organisation qui tente de briser le monopole des grosses étiquettes de disques sur l'industrie de la musique.

La richesse des réseaux

030011056101_sclzzzzzzz_Lawrence Lessig est très très excité par The Wealth of Networks, un essai de Yochai Benkler qui vient de paraître, et qui traite de l'influence culturelle, sociale, économique et politique d'Internet et de l'information en réseau.

«This is — by far — the most important and powerful book written in the fields that matter most to me in the last ten years. If there is one book you read this year, it should be this.»

Comme il se doit, le livre est téléchargeable gratuitement en format PDF.

Free culture: version audio gratuite

J'ai déjà dit ici combien je considère que Free Culture est un livre important, pour tout ce qui touche à la culture et à la propriété intellectuelle à l'ère numérique. Voilà que le livre est maintenant disponible en version audio que l'on peut streamer ou télécharger, et écouter sur son iPod au gym, ou dans l'auto, ou pendant qu'on fait l'épicerie, ou dans n'importe quelle autre activité qui permet d'être combinée à une écoute semi-attentive d'un livre plutôt sérieux mais essentiel.

La note sur le blogue de Lawrence Lessig est ici.

Droit d'auteur 101: une bd gratuite

CoverVia CultureLibre.ca:

Le Center for the Study of the Public Domain de la Duke University’s Law School nous propose une bande dessinée (ou plutôt un comic book) traitant des problèmes de droit d’auteur que rencontrent les cinéastes de documentaires aux USA. Il s’agit d’une initiative en réaction à l’agressivité des ayant-droits en dépit du fair use.

Qu'est-ce que la propriété intellectuelle? Pourquoi y a-t-il des droits d'auteur? Qu'est-ce que l'usage équitable (fair use)? Une excellente introduction à ce sujet important.

Le mouvement pour la culture libre

Première chronique de l'année à Indicatif présent, et sujet important: le courant qui vise à contrecarrer la main-mise de l'entreprise privée sur l'information et la culture. Vaste sujet, bien sûr, et je n'ai pas eu le temps de dire la moitié des choses dont j'aurais voulu parler, mais c'est une introduction.

Aussi: les magasins temporaires, les achats par téléphone cellulaire et la NAC.

> Écouter la chronique (12:16)
> Indicatif présent

Free Culture, le livre dont je parle dans la chronique et qui risque de changer votre vie, est disponible gratuitement ici

Indicatif_5

Google Book Search et le bien commun

Books_smLa Presse faisait hier la une de son cahier Arts et spectacles avec l'important débat autour du projet de Google de numériser 15 millions de livres d'ici six ans. Malheureusement, le «dossier» annoncé passe à côté de la question fondamentale au coeur du débat entre Google (et le public en général) et les éditeurs et auteurs américains (et, possiblement, canadiens) : le bien commun, sous la forme de l'usage équitable (fair use). L'usage équitable, c'est la notion légale qui permet la reproduction d'une oeuvre, selon certaines conditions, dans certaines circonstances. Les ayants droits (les éditeurs, les auteurs et leurs héritiers) affirment que Google, avec son projet, outrepasse ce qui peut être considéré comme un usage équitable de leurs oeuvres, et souhaiteraient donc obtenir des compensations financières. Ce qui est une pente très dangereuse, dans un monde numérique : le risque, c'est que les détenteurs de droits en arrivent à avoir main mise sur tous les aspects de la culture. Au détriment de tous, bien sûr, à commencer par les créateurs eux-mêmes. Les droits d'auteur, c'est bien beau et assurément important, mais si leur multiplication dans des endroits qui relevaient autrefois du domaine public en vient à paralyser toute notre culture, qui y gagne? C'en est enrageant. Espérons que le milieu québécois du livre prendra une position plus éclairée sur la question.

Si la question vous intéresse, voici un très intéressant débat, tenu la semaine dernière à la New York Public Library, où des intervenants représentant les différentes parties impliquées (auteurs, éditeurs, le public et Google) présentent leur point de vue. La version audio est disponible, la version vidéo est à venir.

Le site du débat
Google Book Search

QUELQUES TEXTES, CHRONIQUES ET CHOSES DIVERSES

  • Un aperçu de mes contributions récentes à des journaux, magazines, sites web, émissions radiophoniques et autres.

Chroniques télé

Critiques

Irrepressible.info





  • Net Neutrality Canada - Neutrality.ca