À PROPOS DE
NICOLAS LANGELIER

Mes projets




Compteurs




Médias

De l'insignifiance des analystes de RDS

Dans un coin du monde aussi passionné de hockey que le Canada français, il est pour le moins étonnant que nos réseaux de radio et de télévision aient autant de difficulté à nous présenter des gens capables d'analyser ce sport de manière relativement intelligente.

Cela fait plusieurs fois que je me plaint, en privé, de l'insignifiance des analystes hockey de RDS, un réseau qui roule pourtant dans l'argent et le prestige. Jamais ici auparavant, cependant. Mais là, peut-être parce qu'il est 4h du matin et que je procrastine encore un peu avant d'aller me coucher, je n'ai pu m'empêcher de transcrire une «analyse» de Gaston Therrien, l'un des principaux «experts» de RDS. L'extrait a été choisi complètement au hasard. Ça va comme suit...

Chantal Machabée: Est-ce que Guy Carbonneau va jouer à trois trios cette année, ou est-ce qu’il va continuer à faire jouer tout son monde?

Gaston Therrien: J’ai l’impression que Guy Carbonneau, ses neuf premiers attaquants, il va falloir qu’il donne du temps de glace, pour que ces gens-là soient heureux, soient capables de performer, c’est à dire donner une performance offensive à l’équipe qui peut les aider. On sait que les trois premiers trios, normalement, ont un peu plus de temps de glace que le quatrième, mais Guy Carbonneau va avoir besoin de ce quatrième trio-là pour donner de la robustesse, de l’énergie, et lui, il aime beaucoup utiliser tout son monde. Pourquoi? Parce qu’il veut des joueurs frais et dispos. Maintenant, neuf attaquants qui peuvent jouer à peu près tous sur l’avantage numérique, ce sera pas facile. C’est là que Guy Carbonneau devra peut-être composer avec le temps de glace de chacun et essayer de trouver un rôle en avantage numérique, en désavantage numérique, de pas utilliser tout le monde, et surtout que tout le monde soit bien concentré et discipliné, c’est à dire que tu fais 30, 40, 50 secondes, et si ça ne fonctionne pas, ben là on a de l’effectif, et on est capables de mettre d’autres joueurs capables de marquer des buts, et je pense que c’est ce que Guy Carbonneau veut faire.  

Quoi? Qu'est-ce qu'il veut faire, au juste, Guy Carbonneau? Ça fait plusieurs fois que je réécoute la réponse de Therrien (préparée d'avance, faut-il le souligner -- rien de tout cela n'est improvisé), et je ne comprends toujours rien à cette réponse. Mon impression, c'est que Therrien n'en a aucune idée, si Carbonneau va jouer à trois ou à quatre lignes, et qu'il n'a même pas les compétences verbales pour camoufler son ignorance.

Bon, il n'y a rien ici de tragique, rien qui mérite une action collective. Mais il y a quand même quelque chose de désolant, d'entendre un tel ramassis d'inepties, plusieurs fois par jour, à l'un des réseaux de télévision les plus écoutés au Québec. Comparez avec les réseaux canadiens-anglais -- TSN, Rogers Sportsnet, CBC -- et il n'y a pas de quoi être fier d'être québécois...

Dès mercredi: 6 à 8 du journalisme

Flyer5a7_200809

Comment les magazines financiers peuvent vous rendre pauvre

Fortune L'apocalyptique débâcle financière de cette semaine (et, d'ailleurs, de la dernière année) nous force une fois de plus à se demander à quoi servent, au juste, tous ces analystes et soi-disants spécialistes dont les médias sont remplis. L'énorme assureur américain AIG est au bord de la faillite et, apparemment, personne ne l'avait vu venir... Même chose pour Lehman, l'une des plus grosses banques d'affaires aux États-Unis, et Merrill Lynch. Ou bien on se moque de nous, ou bien il y a de sérieux incompétents dans ce domaine.

Gawker a un billet amusant (parce qu'il vaut mieux en rire bien sûr) à ce sujet, aujourd'hui: How Magazines Led Investors Toward Ruin, rempli d'exemples de comment les principaux magazines financiers, depuis deux ans, n'ont non seulement pas prévenu leurs lecteurs des risques qui planaient au-dessus d'entreprises comme AIG, Lehman et Merrill Lynch, mais, encore pire, les ont même encouragé à acheter des actions de celles-ci.

Par exemple, si vous avez acheté l'an dernier des actions de Merril Lynch, comme vous le recommandait le magazine Fortune dans sa liste des «10 actions à acheter en 2008», votre investissement a depuis perdu 93% de sa valeur... 

Chronique magazines chez Christiane Charette

Magazines Cette année, je vais tenir la chronique magazines à l'émission de Christiane Charette, en compagnie de Marie-Louise Arsenault. Notre première avait lieu ce matin, et on a parlé de Vanity Fair, Québec Science, Bitch, Ode et Marianne.

Ça s'écoute ici.

Médias et diversité des voix: ma journée à Rideau Hall

300px-Flag_of_the_Governor-General_of_Canada.svg Le mois dernier, j'ai été invité à passer une journée à Rideau Hall, la résidence officielle de la Gouverneure générale, en compagnie de Leurs Excellences elles-mêmes et d'une vingtaine de participants issus du monde des médias. Le motif: un Point des arts consacré la question de la diversité des voix dans les médias canadiens, une question qui me préoccupe beaucoup, à titre personnel de même qu'en tant que président de l'AJIQ

On peut voir un extrait des discussions ici. Et aussi ici, et .

Il a été intéressant de constater la diversité des points de vue, parmi les invités. Pour ma part, j'ai abordé la question sous l'angle de la concentration des médias, puisqu'il s'agit à mon avis de la plus grave menace qui pèse actuellement sur la diversité médiatique au pays. 

On ne le dit pas assez, mais le Canada est l'un des pays industrialisés qui compte le plus haut taux de concentration de la presse. Dans une grande ville comme Vancouver, par exemple, une seule entreprise (CanWest Global) contrôle les deux principaux quotidiens (le Vancouver Sun et le Province, de même évidemment que le National Post), la station de télévision la plus écoutée (Global) et la plupart des hebdos de quartier. Et quand on sait que la famille Asper, propriétaire de CanWest, n'hésite pas à utiliser ses médias pour diffuser ses opinions politiques (comme l'appui à Israël malgré son occupation illégale des territoires palestiniens), il y a de quoi être inquiet.

Pourtant, on n'en parle presque pas. Oh, il y a bien quelques discussions entre journalistes, à l'occasion de certains congrès ou d'événements comme ce Point des arts––mais le reste du temps, on continue à se mettre la tête dans le sable, et à faire semblant de ne pas voir cette menace grandissante contre la démocratie. Le gouvernement continue à ne pas vouloir agir, les citoyens ne manifestent pas leurs craintes (mais comment être craintif, bien sûr, quand personne ne nous informe de la gravité de la situation?). 

Encore aujourd'hui, je lisais que le Bureau de la concurrence, sensé protéger l'intérêt des consommateurs, recommanderait au CRTC de ne pas tenter de favoriser la concurrence dans le domaine des nouveaux médias... 

Jusqu'ici tout va bien, comme on dit.

Seulement l'été

Slow news day... Un titre qu'on croirait tiré de The Onion, mais qu'on peut bel et bien lire sur le site de Radio-Canada.
Titre

Château de cartes

1_wa










Dans le Globe and Mail d'aujourd'hui:

“If the U.S. slides away into recession, then [China] could fall apart like a house of cards,” Mr. van Batenburg says.


Le M. van Batenburg en question est responsable de la recherche pour Louis Capital, un gros courtier new-yorkais. Bien sûr, rien ne dit qu'il a raison, et que l'économie chinoise s'écroulera vraiment, si les États-Unis connaissent une récession. N'empêche, ce serait quand même intéressant d'assister à la chose, ne serait-ce que pour voir ce qu'auraient alors à dire tous les «experts» et les journalistes économiques qui chantent depuis deux ou trois ans la force économique de la Chine, et son avenir imminent en tant que puissance mondiale... Comment s'expliqueraient-ils alors? Quelles excuses donneraient-ils pour s'être trompés de façon aussi spectaculaire?

Déjà, la semaine passée, Les Affaires rapportait que l’époque des délocalisations vers la Chine tirerait peut-être à sa fin. Selon un sondage effectué auprès de 321 dirigeants d’entreprises manufacturières nord-américaines, beaucoup songent (déjà!) à déplacer leurs activités de production chinoises vers d’autres pays asiatiques, ou carrément à les rapatrier.

La Chine est peut-être un géant économique, mais c'est de toute évidence un géant aux pieds d'argiles. Il est quand même étonnant que ça, on l'ait si peu lu et entendu, dans l'océan de couverture médiatique qui a été consacré à la Chine, depuis quelques années. Peut-être parce que c'était beaucoup plus vendeur de faire peur au monde avec un péril jaune version années 00?

Déontologique? Non. Mais comique? Oui, un peu.

Tiré de l'infolettre de la FPJQ:
MédiaMatinQuébec a été blâmé pour avoir mis en page couverture une grande photo de Hubert Lapointe, journaliste chez Canoë à côté du titre «Viol d’une femme». Le Conseil a jugé que l’association du titre et de la photo «pouvait laisser l’impression au lecteur que M. Lapointe était l’auteur de cette agression, ce qui est parfaitement inexact.»
La représentante de MédiaMatinQuébec a notamment expliqué la présence de la photo par le fait que «le plaignant est l’auteur d’un article où fut dévoilée l’identité d’une victime d’agression sexuelle en dépit d’une ordonnance de non- publication.» 
Canoë est une des agences qui alimente le Journal de Québec dont les journalistes en lock out ont fondé le MédiaMatinQuébec. La Commission des Relations de travail doit décider si les journalistes de ces agences peuvent être considérés comme briseurs de grève.

Chronique magazines

Il n'y a pas d'édimestre à Christiane Charette aujourd'hui, alors voici les liens vers les magazines dont j'ai parlé lors de ma chronique de ce matin.

Lapham's Quarterly
Gazette des femmes
Maisonneuve
Coupé

Aujourd'hui, la chronique peut être entendue en allant ici et en cliquant sur «La troisième heure».

Mon nouveau magazine préféré

Lq_money_cover_smallJe ne sais pas trop ce qui s'est passé dans ma vie au cours des derniers mois, mais une chose est sûre: nombre de magazines achetés > temps passé à lire des magazines. Si bien que je croule aujourd'hui sous les magazines non lus, à un point tel que je suis tenté de déclarer une faillite magazines, mettre tout ça au recyclage, et repartir à zéro avec les éditions de juin. Mais il y a trop de choses que je veux lire là-dedans, des Adbusters, XXI, Believer, Harper's, Walrus et autres, et donc je n'aurai d'autre choix cet été que d'annuler mes vacances et m'enfermer pour trois semaines dans un garde-robe avec ma pile de magazines et une lampe frontale.

Mais mes problèmes de gestion de l'information n'étaient pas l'objet du présent billet. Je voulais plutôt parler de mon nouveau magazine préféré: Lapham's Quarterly. Lapham comme dans Lewis Lapham, extraordinaire essayiste et ancien rédacteur en chef de Harper's. C'est lui qui a lancé l'automne dernier ce trimestriel dont chaque numéro est consacré à un thème particulier: le premier (hiver 2008), que je viens de finir, était consacré à la guerre; le deuxième (printemps) tourne autour de l'argent. La particularité, c'est que la vaste majorité des textes qu'on y retrouve ont été écrits par des gens morts depuis longtemps: Aristote, Mark Twain, Marx, McLuhan, Byron, Senèque, Virginia Woolf et des dizaines d'autres. Quelques auteurs contemporains complètent le contenu du magazine.

Le concept de Lapham's Quarterly, c'est que ces thématiques au coeur de l'actualité trouvent un éclairage nouveau avec l'apport de ces textes choisis avec soin dans le grenier de l'histoire. Et ça fonctionne totalement, bien mieux qu'aucun magazine contemporain n'y arrive. À un point tel qu'on en arrive vraiment à se demander pourquoi on n'envoit pas tous nos insignifiants «analystes» actuels (la liste est interminable, bien sûr, mais je me contenterai de ceci: Donald Cuccioletta) au chômage immédiat.

Mais c'est l'un des principaux problèmes de la modernité, évidemment, qu'on en est venus à croire que notre époque est tellement unique, nos circonstances si nouvelles, que le passé ne peut nous aider à comprendre le présent. Grave erreur, bien sûr, et c'est ce que vient nous rappeler de brillante façon le Lapham's Quarterly.

QUELQUES TEXTES, CHRONIQUES ET CHOSES DIVERSES

  • Un aperçu de mes contributions récentes à des journaux, magazines, sites web, émissions radiophoniques et autres.

Chroniques télé

Critiques

Irrepressible.info





  • Net Neutrality Canada - Neutrality.ca