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NICOLAS LANGELIER

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Le 21e siècle n'a pas fini de nous surprendre

En faisant des recherches pour un article, je n'ai pas pu m'empêcher de remarquer que, sur Wikipédia, outre l'anglais et le français, la poutine a droit à une entrée en allemand, en suédois, en russe, en japonais, en mandarin et même en hébreu.


Suedois Russe Jap Mand Hebreux

La pression monte

Combien de temps les Forces armées révolutionnaires de Colombie pourront-elles résister à la pression intenable exercée sur eux par le groupe Facebook Liberté pour Ingrid Betancourt?

Pour les lève-tôt

Grâce à la magiiiie de Radio-Canadaaaa, je ferai deux chroniques à C'est bien meilleur le matin pendant les Fêtes.

Mercredi 26 décembre, 6h40: réflexions sur le boxing day et l'importance de rester chez-soi en pyjama.

Mercredi 2 janvier, 6h40: considérations sur l'art de tenir ses résolutions, en 2008.

C'est au 95,1 fm, à Montréal.

J'en profite pour tous vous souhaiter de très belles vacances, et une heureuse et optimiste année 2008. Je suis de retour en janvier.

Réforme de la Loi canadienne sur le droit d'auteur: un sursis

Si vous n'avez pas suivi l'histoire, la voici résumée en quatre phrases: le gouvernement fédéral devait déposer hier aux Communes un projet visant à modifier la Loi canadienne sur le droit d'auteur. La plupart des observateurs estiment que ces modifications auraient mis la loi canadienne en phase avec le Digital Millenium Copyright Act américain, une réglementation penchant lourdement en faveur des titulaires de droits, au détriment des utilisateurs et de la population en général (domaine de l'éducation, milieu académique, chercheurs, créateurs, etc.). Le gouvernement Harper se serait ainsi plié aux pressions du gouvernement américain, d'une part, mais surtout des différents lobbys des détenteurs de droits. Il est aussi important de souligner que le gouvernement n'a pas consulté la population canadienne à ce sujet depuis 2001, aussi bien dire une éternité dans ce domaine.

Bref, ce projet s'annonçait désastreux pour quiconque a à coeur la vitalité de notre culture, au sens large du terme.

Mais voilà que, contre toute attente, le projet n'a pas été déposé hier. Et que, selon Michael Geist, il ne sera pas au moins avant la fin janvier. Que s'est-il donc passé, pour que le ministre de l'Industrie revienne sur sa décision?

Difficile à dire, à ce point-ci. Mais il semble assez évident que la très importante levée de bouclier qui était en train de se créer contre le projet de loi a fait réfléchir le gouvernement. Par exemple, un groupe Facebook, Fair Copyright for Canada, a réussi à regrouper plus de 20 000 internautes en quelques jours à peine. Des milliers de lettres ont été envoyées aux différents responsables politiques. Des pétitions circulaient. Des manifestations étaient prévues. Etc.

Bref, on assiste à l'une de ces rares occasions où l'implication citoyenne réussit à faire changer d'idée le gouvernement. En tant que citoyen, consommateur de culture, étudiant, individu préoccupé par la circulation des idées et la vitalité de la culture, on ne peut qu'être content d'un tel résultat, et un peu moins cynique devant l'efficacité de notre démocratie. Et puis, une fois de plus, Internet, les blogues et les réseaux sociaux ont démontré quels formidables outils démocratiques ils peuvent devenir, quand ils sont bien utilisés.

Bien sûr, rien n'est encore gagné: il reste à voir ce qui arrivera avec le projet de loi. Mais en attendant, il y a raison de se réjouir.

Voici ce que vous pouvez faire.

Blogueurs purs à 100%

Ainsi donc, selon un article de Mario Asselin publié dans le magazine Le Trente de ce mois-ci, je serais le seul «vrai» journaliste blogueur actif au Québec (l'autre «vrai», Dominic Arpin, ayant accroché son clavier). M. Asselin base sa définition de ce qu'est un véritable blogueur sur la notion de conversation:

Le blogue est un outil de conversation, pas seulement une présence Internet. C’est une communauté que l’on tisse, un réseau avec lequel on accepte d’interagir. C’est l’échange avec les lecteurs, le référencement à ce qui se dit ou se fait ailleurs sur le web, et la participation à d’autres blogues qui distingue le blogueur et sa blogosphère des simples pages personnelles.

Une bonne définition... Quoique je ne peux m'empêcher de penser que je ne suis sûrement pas le seul à y correspondre. D'ailleurs, la discussion subséquente a permis de relever deux autres «vrais» potentiels, Raymond Viger et Steve Faguy. Tant mieux. C'eut été trop de pression, de quoi m'effondrer lamentablement, tel un Alexandre Daigle de la conversation virtuelle.

Zinc spécial blogues

Revuezinc
La dernière édition de Zinc, la très bonne revue portée à bout de bras par Mélanie Vincelette, est consacrée aux blogues. J'y signe un texte, tout comme Christian Mistral, Pierre-Léon Lalonde, Anne Archet, Fanny Ardente/Stéphanie Neveu et plusieurs autres.

Dix mille choses qui sont vraies

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Toutes ces photos de gens souriants finissent par tomber sur les nerfs

Jadis, la photographie était une affaire plutôt compliquée. Il fallait un appareil, d’abord, et un film à la sensibilité appropriée. On devait ensuite ajuster toutes sortes de choses – exposition, focale, blabla – avant d’appuyer sur le déclencheur, refaire la même chose une vingtaine de fois pour terminer le film, et finalement marcher jusqu’à la pharmacie, faire des choix ennuyants (avec ou sans bordure, mat ou glacé, etc.), revenir chez soi, attendre patiemment pendant des jours, retourner à la pharmacie et payer un montant appréciable, pour à la fin réaliser que la moitié des photos étaient ratées. Mais ce n’était pas bien grave, parce que de toute façon on les rangeait au fond d’un garde-robe et personne ne les voyait jamais plus avant notre décès, auquel cas nos héritiers passaient quelques minutes à les regarder avec émotion, avant de jeter la plupart à la poubelle et de mettre le reste au fond de leur propre garde-robe, où elles resteraient oubliées jusqu’à ce qu’ils meurent à leur tour, et que leurs héritiers… Bref, une infinie boucle d’inutilité imagière.

Mais la technologie numérique est apparue, et tout a changé. Plus besoin de film. Plus besoin de développement. Même plus besoin d’appareil. Et nous prenons donc énormément de photos, ce qui fait encore plus de dents exposées. Jumelé à l’autre grande révolution, l’apparition de toutes ces plateformes pour partager nos photos avec le reste de la planète, on ne peut plus aller nulle part sur Internet sans tomber sur beaucoup trop de gens beaucoup trop souriants.

Et à la longue, ça finit un peu par taper sur les nerfs. Difficile de dire pourquoi, exactement. Peut-être parce qu’on sait qu’un sourire photographique est presque toujours forcé. Ou qu’on est conscient qu’il n’y a rien de si drôle, dans la vie, et qu’il y même énormément de raisons de ne pas sourire, et que toute cette jovialité a donc quelque chose de déplacé. Peut-être aussi que nous sommes juste des rabat-joie. Quoi qu'il en soit, on finit par se dire qu’un peu de morosité ne nous ferait pas de tort.

Nicolas Langelier
Paru dans La Presse, vendredi 2 novembre 2007

Le bon vieux temps

1_2L'incompétence crasse de Sympatico m'obligeant, pour la prochaine SEMAINE, à utiliser une connection Internet basse vitesse (c'est le genre de problème qui vient avec le fait d'habiter un endroit sauvage et reculé comme le Mile-End), ça me donne au moins le temps de réfléchir. Que faisions-nous, avant, pendant ces interminables secondes/minutes pendant lesquelles les pages se chargent, les photos apparaissent, les vidéos se téléchargent? Entretenions-nous une sorte de dialogue intérieur? Gardions-nous un magazine à côté de nous, une bible, un exemplaire du Capital? Je ne me souviens pas d'avoir eu cette patience. Ce doit être pour ça que je fumais.

Cela dit, pour revenir à Sympatico, quelle entreprise indigne d'un pays développé, en 2007... D'ailleurs, je pense que même les Afghans auraient raison de se plaindre de ce qui doit être le pire service à la clientèle depuis le salon de coiffure de Robespierre. Comme Bell en général, bien sûr. Invraisemblable. Teachers est-il vraiment conscient qu'il vient d'acheter l'équivalent corporatif d'un bungalow sur la pyrite?

La révolution de l'information

Un très beau petit film de Michael Wesch, de l'université Kansas State, à propos de la manière dont Internet bouleverse notre rapport à l'information, et la manière dont nous devons l'organiser.

C'est ce même Wesch qui nous avait donné Web 2.0: The Machine is Us/ing Us, l'hiver dernier.

Dix mille choses qui sont vraies

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Personne ne s’attarde aux intros des sites web

D’accord, sur la longue liste des choses superflues qui nous font perdre du temps pour rien dans la vie, il y a pire que les intros de sites web. Pour mémoire:

1) Les embouteillages;

2) La jalousie;

3) Les spécialistes de la santé qui de toute évidence ne savent absolument pas comment gérer leurs rendez-vous, ou qui en prennent juste trop dans une période donnée, ou qui nous niaisent, possiblement.

Mais tout de suite après, sur la liste sus-mentionnée, on retrouve les intros de sites web; les lieutenants-gouverneurs leur ont mené une chaude lutte, mais au fond, combien de fois avons-nous affaire à un lieutenant-gouverneur, dans une journée? Alors que des sites web, un résidant le moindrement typique du 21e siècle en visite quelque chose comme 73 000 par jour, et qu’une bonne partie de ceux-ci, pour des raisons qui défient l’entendement, contiennent cesdites intros, généralement des animations Flash, souvent accompagnées de musique, toujours inutiles. Pourquoi, alors, en mettre? C’était peut-être le concepteur qui désirait nous montrer ses talents créatifs, ou son client qui voulait une intro qui «donne le ton au site». Quoi qu’il en soit, nous n’aurons vu ni l’un ni l’autre, parce que nous aurons cliqué sur «Sauter l’intro» au premier signe qu’une de ces superfluités était sur le point de débuter.

Concepteurs web, propriétaires de sites et autres personnes concernées: nous sommes des gens pressés, vivant avec la conscience que notre temps sur Terre est compté. Mais, encore plus, nous sommes des gens qui avons en horreur la prétention et le faux talent artistique, surtout quand ils sont accompagnés d’une petite musique techno tout droit sortie du milieu des années 90. Épargnez-nous ces aberrations, s’il vous plait – la vie est trop courte.

Nicolas Langelier
Paru dans La Presse, vendredi 28 septembre 2007

QUELQUES TEXTES, CHRONIQUES ET CHOSES DIVERSES

  • Un aperçu de mes contributions récentes à des journaux, magazines, sites web, émissions radiophoniques et autres.

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