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NICOLAS LANGELIER

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Le journalisme survivra

Note: ce texte est le premier paru dans le cadre de ma chronique Siècle no 21, dans l'édition de juin du magazine Le Trente.


Parfois, devant les veilles funèbres sur la tombe du journalisme chaque fois qu’une publication ferme ses portes, il m’arrive de me dire qu’on s’est mépris, quelque part au cours du dernier siècle et demi. On en est venu à confondre le journalisme et le journal papier.

Bien sûr, cette confusion est compréhensible dans la mesure où c’est ce format qui a donné naissance à l’épopée journalistique et que, depuis le début, il en a été la figure de proue, la manifestation à la fois la plus prestigieuse et la plus dynamique.

Mais l’erreur, en ce début de XXIe siècle, est de continuer à penser que journalisme = journaux (comme l’a fait récemment le chroniqueur de La Presse Hugo Dumas, par exemple, en présentant les problèmes actuels des journaux comme le signe annonciateur d’une société sans journalistes, dans un texte qui n’en était pas à une énormité près). Non, la fermeture évoquée du San Francisco Chronicle ou même du New York Times ne préfigure pas le début d’un temps nouveau dans lequel il faudra se passer de cette chose plutôt commode et socialement utile qu’est le journalisme. Ce qui est mort, ou sur le point de l’être, c’est avant tout un modèle d’affaires : celui qui fait reposer l’essentiel des revenus d’une entreprise médiatique sur ses ventes publicitaires. Celui qui fait, par exemple, que l’on peut recevoir quotidiennement La Presse à la maison pour moins de dix dollars par mois, et qu’à toute fin utile La Presse vous donne donc son contenu en échange d’une exposition aux publicités de ses clients.

Et sur Internet, bien sûr, c’est encore pire: on n’y exige même pas ces quelques dollars mensuels. Sans vouloir m’acharner sur La Presse, le quotidien a même décidé de pousser l’absurdité encore plus loin, en y offrant plusieurs textes la veille de leur parution papier! Quand on trouve gratuitement sur Internet les mêmes textes, et en primeur en plus, on se demande vraiment pourquoi les gens continueraient d’acheter leur journal.

Le problème, en ce moment, c’est que nous sommes au beau milieu de la révolution amorcée avec le développement d’Internet durant les années 90. Nous sommes dans l’entre-deux, dans une période d’essais/erreurs, de tentatives plus ou moins concluantes. Tout cela n’est déjà pas très joli, et s’annonce encore moins joli pour les années à venir : beaucoup d’autres quotidiens mourront, ainsi que des hebdomadaires et des magazines et des stations de télévision et de radio. Plein de gens talentueux perdront leur emploi et seront obligés de quitter à regret ce métier qu’ils aimaient tant. Comme l’écrivait récemment le penseur d’Internet Clay Shirky, « c’est à cela que ressemblent les vraies révolutions. Les vieilles structures sont brisées plus rapidement que les nouvelles sont mises en place. »

Mais, malgré la mort de ses institutions souvent centenaires, le journalisme survivra. Parce que notre désir d’informer et d’être informé restera, tout comme notre besoin collectif pour des chiens de garde capables de surveiller ceux qui nous dirigent, encaissent nos impôts, négocient l’achat de nos compteurs d’eau. Et parce que le journalisme n’est pas un format médiatique, mais un processus.

Au cours des prochaines années, le journalisme traversera une période trouble. Beaucoup de modèles seront essayés, cohabiteront, se feront une concurrence plus ou moins harmonieuse. Plusieurs se solderont par un échec. Mais certains, si tout va bien, produiront du journalisme d’une qualité telle que nous ne souhaiterons plus jamais revenir en arrière.

Dans le cadre de cette chronique, je m’attarderai à quelques-unes de ces expériences, dans l’espoir d’identifier lesquelles sont susceptibles de nous donner, au cours des décennies à venir, le journalisme dont nous avons besoin.

Une réflexion sur l'avenir de Facebook

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Depuis trois ans, je dois avoir lu des dizaines de textes à propos de Facebook. Peut-être même des centaines. Mais de tous ceux-là, le meilleur est peut-être cet essai de Vanessa Grigoriadis, dans le New York de la semaine dernière: Do You Own Facebook? Or Does Facebook Own You?  

Elle pose entre autres la question de l'avenir de Facebook. Suivra-t-il la trace de Friendster, MySpace et autres AOL vers l'extinction (ou à tout le moins la non-pertinence), ou réussira-t-il à s'imposer dans notre vie pour plusieurs années encore? Tout est une question de confiance, conclu la journaliste.

Deux extraits:

À propos de l'esprit communautaire que Facebook a réussi à créer:

Because on Facebook, people are doing things. Their “status updates” say they are at the Cardio Barre, or haggling over prices at the Range Rover dealership, or making soup from scratch at home; in fact, it seems to me that someone is always making soup. This information scrolled rapidly down my screen when I was staring at my computer at work, and maybe it wasn’t quite as fast as Twitter, but the people providing the information were twice as important to me. It formed a constant reminder that there was still a real world out there with real people walking around in it, even if they had chosen to leave that world for a moment to join me in the pretend, Facebook world. On Facebook, I didn’t have to talk to anyone, really, but I didn’t feel alone, and I mean “alone” in the existential use of the word; everyone on Facebook wished me well, which I know not to be the case in the real world; and, most important, there was nothing messy or untoward or unpleasant—the technology controlled human interaction, keeping everyone at a perfect distance, not too close and not too far away, in a zone where I rarely felt weird or lame or like I had said the wrong thing, the way one often feels in the real world. This is the promise of Facebook, the utopian hope for it: the triumph of fellowship; the rise of a unified consciousness; peace through superconnectivity, as rapid bits of information elevate us to the Buddha mind, or at least distract us from whatever problems are at hand. In a time of deep economic, political, and intergenerational despair, social cohesion is the only chance to save the day, and online social networks like Facebook are the best method available for reflecting—or perhaps inspiring—an aesthetic of unity. 


À propos de l'atmosphère Facebook, et de ce qui la distingue de ce qui a précédé sur Internet: 

This safe and happy community is very much a product of design. The old web, the frontier world of autonomy, anarchy, fantasies, and self-made porn, is being tamed. The flaming, snarky, commenter-board culture that dips in periodically to bang heads against the floor and foster self-hate among humanity’s ranks has been deemed not good for business. Facebook’s relentless emphasis on literal representation—the site maintains a “blacklist” of celebrity names to discourage impersonation and reserves the right to delete anyone who claims to be someone he is not, or who creates multiple accounts—turns out to be the weapon to quell the web’s chaos. Now online life is a series of Victorian drawing rooms, a well-tended garden where you bring your calling card and make polite conversation with those of your kind, a sanitized city on a hill where amity reigns, irony falls flat, and sarcasm is remarkably rare. We prepare our faces, then come and go, sharing little bits of data, like photos, haikus, snippets of conversations—the intellectual property that composes our lives.

Chronique magazines chez Christiane Charette

Magazines Nouvelle chronique magazines chez Christiane Charette, ce matin. Au menu: Maisonneuve, Scientic American Mind, Fast Company, Newsweek, Ovni et The New Yorker.

Ça s'écoute ici.

Une révolution vue de l'intérieur

«That is what real revolutions are like. The old stuff gets broken faster than the new stuff is put in its place. The importance of any given experiment isn’t apparent at the moment it appears; big changes stall, small changes spread. Even the revolutionaries can’t predict what will happen. Agreements on all sides that core institutions must be protected are rendered meaningless by the very people doing the agreeing. (Luther and the Church both insisted, for years, that whatever else happened, no one was talking about a schism.) Ancient social bargains, once disrupted, can neither be mended nor quickly replaced, since any such bargain takes decades to solidify.

And so it is today. When someone demands to know how we are going to replace newspapers, they are really demanding to be told that we are not living through a revolution. They are demanding to be told that old systems won’t break before new systems are in place. They are demanding to be told that ancient social bargains aren’t in peril, that core institutions will be spared, that new methods of spreading information will improve previous practice rather than upending it. They are demanding to be lied to. 

There are fewer and fewer people who can convincingly tell such a lie.»

Newspapers and Thinking the Unthinkable | Clay Shirky.

Chronique magazines chez Christiane Charette

Magazines Nouvelle chronique magazines chez Christiane Charette, ce matin. Au menu: Slate.fr, Sciences humaines, New York, The Atlantic, Vogue, The Walrus et Cerveau & psycho.

L'article de Richard Florida dans The Atlantic se lit ici.

Ça s'écoute ici.

Le micro-paiement, solution pour la presse?

0902161 Lors de mon récent passage à l'émission de Christiane Charette pour discuter du conflit au Journal de Montréal et de l'avenir de la presse, j'ai émis l'opinion que les journaux et magazines étaient en bonne partie responsables de leurs malheurs actuels: ils donnent leur contenu gratuitement (ou quasi-gratuitement dans le cas des abonnements, offerts à des prix ridicules), et dépendent donc entièrement de la publicité. Cela les rend vulnérables à une baisse des dépenses publicitaires comme celle que nous connaissons en ce moment. C'est un modèle d'affaires désuet et impraticable.

Dans la nouvelle édition du magazine Time, un texte de Walter Issacson va dans le même sens.

There is, however, a striking and somewhat odd fact about this crisis. Newspapers have more readers than ever. Their content, as well as that of newsmagazines and other producers of traditional journalism, is more popular than ever — even (in fact, especially) among young people.  

The problem is that fewer of these consumers are paying. Instead, news organizations are merrily giving away their news. According to a Pew Research Center study, a tipping point occurred last year: more people in the U.S. got their news online for free than paid for it by buying newspapers and magazines. Who can blame them? Even an old print junkie like me has quit subscribing to the New York Times, because if it doesn't see fit to charge for its content, I'd feel like a fool paying for it.  

This is not a business model that makes sense. Perhaps it appeared to when Web advertising was booming and every half-sentient publisher could pretend to be among the clan who "got it" by chanting the mantra that the ad-supported Web was "the future." But when Web advertising declined in the fourth quarter of 2008, free felt like the future of journalism only in the sense that a steep cliff is the future for a herd of lemmings.

La solution que propose Isaacson (un ancien dirigeant de Time), pour assurer des revenus décents aux journaux et magazines, de même qu'aux journalistes citoyens et blogueurs? Le micro-paiement.

The system could be used for all forms of media: magazines and blogs, games and apps, TV newscasts and amateur videos, porn pictures and policy monographs, the reports of citizen journalists, recipes of great cooks and songs of garage bands. This would not only offer a lifeline to traditional media outlets but also nourish citizen journalists and bloggers. They have vastly enriched our realms of information and ideas, but most can't make much money at it. As a result, they tend to do it for the ego kick or as a civic contribution. A micropayment system would allow regular folks, the types who have to worry about feeding their families, to supplement their income by doing citizen journalism that is of value to their community.

Selon lui, de la même façon que le micro-paiement via iTunes a permis de sauver l'industrie de la musique, un système équivalent dans le monde des médias imprimés pourrait permettre à cette industrie de continuer à jouer son rôle essentiel.

Ça y est

Pour la première fois, les Américains ont plus recours à Internet qu'aux journaux, pour les nouvelles nationales et internationales. C'est le respecté Pew Research Center for the People & the Press qui le dit dans son plus récent sondage annuel

Summary of Findings: Internet Overtakes Newspapers As News Outlet.


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Et ce n'est qu'une question de temps avant que la ligne rouge rejoingne la bleu foncé...

Cory Doctorow appuie Anne Lagacé Dowson

Comme vous le savez sans doute si vous habitez à Montréal, Anne Lagacé Dowson, mon adversaire/alliée du Combat des livres, a quitté son poste à la CBC pour tenter sa chance comme candidate NPD pour l'élection partielle dans Westmount-Ville-Marie. C'est un défi de taille dans ce comté qui vote libéral depuis 40 ans, mais Anne et le NPD sont confiants de pouvoir répéter l'exploit qu'a été l'élection de Thomas Mulcair dans Outremont, l'an dernier.

Aujourd'hui, Cory Doctorow –– co-rédacteur en chef de Boing Boing et spécialiste des questions de propriété intellectuelle à l'ère numérique -- donne son appui à Anne Lagacé Dowson, en se basant sur les qualités personnelles d'Anne ainsi que la position du NPD en ce qui a trait aux questions numériques.

Dowson pointed out that the NDP is the only federal Canadian party with a dedicated digital affairs critic: the always-sharp Charlie Angus, a former punk musician late of the band L'Etranger, who I used to see headlining punk shows when I was a teenager. Angus and the NDP have led the political criticism of the Tory Bill 61, a Canadian version of America's Digital Millennium Copyright Act, a copyright bill that was drafted in secret, without input from Canadian stakeholders, including coalitions of Canadian creators and music labels.

The NDP has also led the pack on criticising the Anti-Counterfeiting Trade Agreement, another secretly negotiated proposal, this time for a global treaty on copyright that would dramatically increase the search, seizure and surveillance obligations to Canada and other signatories, forcing them to spy on everyday individuals to protect the profits of a few giant record companies.

Dowson also endorsed the NDP's activism on net neutrality -- Canada's major ISPs, Bell and Rogers, have led the world's Internet companies in a race to the bottom, imposing secret caps, spying on users, blocking protocols, and even blocking downstream ISPs' customers (so that ISPs that buy their backhaul from Bell are subject to the same filtering as Bell's own retail customers).

Le billet de Cory Doctorow.

Le 21e siècle n'a pas fini de nous surprendre

En faisant des recherches pour un article, je n'ai pas pu m'empêcher de remarquer que, sur Wikipédia, outre l'anglais et le français, la poutine a droit à une entrée en allemand, en suédois, en russe, en japonais, en mandarin et même en hébreu.


Suedois Russe Jap Mand Hebreux

La pression monte

Combien de temps les Forces armées révolutionnaires de Colombie pourront-elles résister à la pression intenable exercée sur eux par le groupe Facebook Liberté pour Ingrid Betancourt?

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    Dix mille choses qui sont vraies
    Recueil de mes chroniques parues dans P45 et La Presse. Tome 1, de 9901 à 10 000.

QUELQUES TEXTES, CHRONIQUES ET CHOSES DIVERSES

  • Un aperçu de mes contributions récentes à des journaux, magazines, sites web, émissions radiophoniques et autres.

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