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septembre 2008

Où j'apprends que tout ce temps, j'écrivais des apophtegmes

Langelier, Nicolas, 1973-

Dix mille choses qui sont vraies / Nicolas Langelier. -- Montréal : Les 400 coups, 2008-

(Littérature illustrée) 

t. 1. 9901-10000.

ISBN 978-2-89540-393-7 (v. 1)

1. Civilisation moderne et contemporaine 2. Morale pratique 3. Aphorismes et apophtegmes

I. Titre.

CB430 L36 2008     909.83'1     0810


Source

De l'insignifiance des analystes de RDS

Dans un coin du monde aussi passionné de hockey que le Canada français, il est pour le moins étonnant que nos réseaux de radio et de télévision aient autant de difficulté à nous présenter des gens capables d'analyser ce sport de manière relativement intelligente.

Cela fait plusieurs fois que je me plaint, en privé, de l'insignifiance des analystes hockey de RDS, un réseau qui roule pourtant dans l'argent et le prestige. Jamais ici auparavant, cependant. Mais là, peut-être parce qu'il est 4h du matin et que je procrastine encore un peu avant d'aller me coucher, je n'ai pu m'empêcher de transcrire une «analyse» de Gaston Therrien, l'un des principaux «experts» de RDS. L'extrait a été choisi complètement au hasard. Ça va comme suit...

Chantal Machabée: Est-ce que Guy Carbonneau va jouer à trois trios cette année, ou est-ce qu’il va continuer à faire jouer tout son monde?

Gaston Therrien: J’ai l’impression que Guy Carbonneau, ses neuf premiers attaquants, il va falloir qu’il donne du temps de glace, pour que ces gens-là soient heureux, soient capables de performer, c’est à dire donner une performance offensive à l’équipe qui peut les aider. On sait que les trois premiers trios, normalement, ont un peu plus de temps de glace que le quatrième, mais Guy Carbonneau va avoir besoin de ce quatrième trio-là pour donner de la robustesse, de l’énergie, et lui, il aime beaucoup utiliser tout son monde. Pourquoi? Parce qu’il veut des joueurs frais et dispos. Maintenant, neuf attaquants qui peuvent jouer à peu près tous sur l’avantage numérique, ce sera pas facile. C’est là que Guy Carbonneau devra peut-être composer avec le temps de glace de chacun et essayer de trouver un rôle en avantage numérique, en désavantage numérique, de pas utilliser tout le monde, et surtout que tout le monde soit bien concentré et discipliné, c’est à dire que tu fais 30, 40, 50 secondes, et si ça ne fonctionne pas, ben là on a de l’effectif, et on est capables de mettre d’autres joueurs capables de marquer des buts, et je pense que c’est ce que Guy Carbonneau veut faire.  

Quoi? Qu'est-ce qu'il veut faire, au juste, Guy Carbonneau? Ça fait plusieurs fois que je réécoute la réponse de Therrien (préparée d'avance, faut-il le souligner -- rien de tout cela n'est improvisé), et je ne comprends toujours rien à cette réponse. Mon impression, c'est que Therrien n'en a aucune idée, si Carbonneau va jouer à trois ou à quatre lignes, et qu'il n'a même pas les compétences verbales pour camoufler son ignorance.

Bon, il n'y a rien ici de tragique, rien qui mérite une action collective. Mais il y a quand même quelque chose de désolant, d'entendre un tel ramassis d'inepties, plusieurs fois par jour, à l'un des réseaux de télévision les plus écoutés au Québec. Comparez avec les réseaux canadiens-anglais -- TSN, Rogers Sportsnet, CBC -- et il n'y a pas de quoi être fier d'être québécois...

150 ans en deux minutes

Ce n'est vraiment pas original, reprendre sur son blogue une recommandation de Very Short List. Mais bon, je fais exception, parce que vous savez sans doute ma passion pour la Grande-Bretagne, et que cette pub pour le pain Hovis a été réalisée par Ridley Scott et présente, en deux minutes, un panorama de la Grande-Bretagne moderne, du XIXe siècle à aujourd'hui, en passant par les Suffragettes, les deux guerres mondiales, les années 60, les grèves des années 80 et le passage à l'an 2000. Six jours de tournage et 762 figurants ont apparemment été nécessaires.


Michael Geist à Concordia

Pour ceux, dont moi, qui ont manqué la présentation de Michael Geist à l'Université Concordia la semaine dernière, il a publié l'audio et les diapos sur son site. Parce que, bien sûr, ce n'est pas parce que le projet de loi C-61 est mort au feuilleton qu'il ne refera pas son apparition au cours des prochains mois.


Dès mercredi: 6 à 8 du journalisme

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Couvertures

Voici officiellement à quoi ressembleront mes deux livres qui seront lancés le mois prochain. Plus de détails à venir.

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Quelque part au début du XXIe siècle   +  Dix mille choses qui sont vraies, Tome I (Éditions Les 400 coups)

Des logiciels pour mieux écrire

Super330 Je déteste Microsoft Word. Il peut faire l'affaire pour transcrire une recette ou écrire la liste de ce qu'on veut pour Noël, mais pour toute forme de rédaction plus poussée, il ne nous aide pas beaucoup plus que ne le faisaient les dactylos électroniques, en 1991. Remarquez, je parle de Word, mais la plupart des logiciels de traitement de texte ne sont guère mieux. Personnellement, j'utilise Pages, mais on ne parle pas d'améliorations majeures par rapport à l'omniprésent logiciel de Microsoft.

Depuis quelques années, cette haîne de Word m'a poussé à chercher des logiciels mieux adaptés à l'écriture. Des logiciels qui permettraient d'être plus créatif, mieux organisé, et qui faciliteraient non seulement la rédaction, mais aussi la structuration des textes et, plus tard, le travail de révision. De manière générale, donc, j'ai cherché des logiciels dont le fonctionnement serait plus compatibles avec ce qui se passe dans notre cerveau, lorsqu'on tente de mettre nos idées par écrit, que ce soit pour un article journalistique, un travail scolaire ou un projet quelconque.

Ai-je trouvé? Oui, plein de choses qui m'aident: des bases de données, des outils de brainstorming et des logiciels de rédaction. Je présenterai tout ça dans le cadre d'une formation pour la Fédération professionnelle des journalistes du Québec, mardi le 7 octobre prochain, de 19h à 21h. C'est à Montréal, et seulement 12$ pour les membres de la FPJQ, et 25$ pour les autres. Il vaut mieux réserver une place le plus tôt possible. Tous les détails sont ici.

Comment les magazines financiers peuvent vous rendre pauvre

Fortune L'apocalyptique débâcle financière de cette semaine (et, d'ailleurs, de la dernière année) nous force une fois de plus à se demander à quoi servent, au juste, tous ces analystes et soi-disants spécialistes dont les médias sont remplis. L'énorme assureur américain AIG est au bord de la faillite et, apparemment, personne ne l'avait vu venir... Même chose pour Lehman, l'une des plus grosses banques d'affaires aux États-Unis, et Merrill Lynch. Ou bien on se moque de nous, ou bien il y a de sérieux incompétents dans ce domaine.

Gawker a un billet amusant (parce qu'il vaut mieux en rire bien sûr) à ce sujet, aujourd'hui: How Magazines Led Investors Toward Ruin, rempli d'exemples de comment les principaux magazines financiers, depuis deux ans, n'ont non seulement pas prévenu leurs lecteurs des risques qui planaient au-dessus d'entreprises comme AIG, Lehman et Merrill Lynch, mais, encore pire, les ont même encouragé à acheter des actions de celles-ci.

Par exemple, si vous avez acheté l'an dernier des actions de Merril Lynch, comme vous le recommandait le magazine Fortune dans sa liste des «10 actions à acheter en 2008», votre investissement a depuis perdu 93% de sa valeur... 

DFW

42339146 L'auteur et essayiste américain David Foster Wallace a été trouvé mort en fin de semaine. Suicide. Il avait 46 ans.

Très touché en apprenant la nouvelle, hier soir. Comme si c'était un ami qui était mort, plutôt qu'un lointain auteur avec une affection particulière pour les notes de bas de page. D'abord parce que que DFW était un écrivain extrêmement doué, certainement l'un des plus grands de sa génération. Le mot génie est trop souvent utilisé, de nos jours, alors je ne l'emploierai pas. Mais il ne fait aucun doute qu'il était doué d'une intelligence bien au-dessus de la moyenne, couplée à un sens de l'humour irréprochable et à une connaissance et un amour de la culture populaire comme on n'en voit que trop rarement, dans le milieu littéraire. Et son talent pour l'écriture en tant que telle était unique; il avait une capacité à faire des phrases longues et complexes qui, pourtant, coulaient le plus naturellement du monde. Avoir le quart de son talent serait déjà être dans une classe à part.

Mais le fait que sa mort soit un suicide la rend encore plus difficile à prendre. On savait que Foster Wallace était triste, souvent dépressif; mais en ce sens, il était comme beaucoup d'entre nous, confronté aux mêmes questions sans réponses, aux mêmes culs-de-sac spirituels, aux mêmes angoisses. Et pourtant il continuait à essayer de comprendre, à avancer, à écrire -- il y avait quelque chose de rassurant, là-dedans, quelque chose qui donnait du courage et l'envie de continuer, de savoir qu'on était pas seuls, qu'il y avait des g***** qui s'entêtaient à chercher le bonheur et la sérénité. Mais vendredi dernier il a décidé de lancer la serviette, et c'est un peu de notre espoir qui s'éteint avec lui.

Le cliché, dans ces occasions, est de dire qu'heureusement, il nous reste ses livres. Alors voilà: heureusement, il nous reste ses livres. Son énorme roman, d'abord, Infinite Jest, 1079 pages à couper le souffle. Mais, peut-être surtout, je continuerai à lire et à relire les nombreux essais qu'il a écrit, depuis une quinzaine d'années. Plusieurs ont été réunis en recueil, dans A Supposedly Fun Thing I'll Never Do Again et Consider The Lobster. Dans ce dernier livre, d'ailleurs, il y a un essai sur John McCain (Up, Simba) qui devrait être une lecture obligatoire pour quiconque s'intéresse à l'actuelle campagne électorale américaine.

En 2005, il a prononcé le commencement address aux finissants de Kenyon College. On peut lire la transcription ici. Il y a un passage là-dedans que j'avais copié et qui est toujours là, collé près de mon bureau:

And the so-called real world will not discourage you from operating on your default settings, because the so-called real world of men and money and power hums merrily along in a pool of fear and anger and frustration and craving and worship of self. Our own present culture has harnessed these forces in ways that have yielded extraordinary wealth and comfort and personal freedom. The freedom all to be lords of our tiny skull-sized kingdoms, alone at the center of all creation. This kind of freedom has much to recommend it. But of course there are all different kinds of freedom, and the kind that is most precious you will not hear much talk about much in the great outside world of wanting and achieving and displaying. The really important kind of freedom involves attention and awareness and discipline, and being able truly to care about other people and to sacrifice for them over and over in myriad petty, unsexy ways every day.

That is real freedom. That is being educated, and understanding how to think. The alternative is unconsciousness, the default setting, the rat race, the constant gnawing sense of having had, and lost, some infinite thing.

***

Edit: Very Short List présente une entrevue donnée à Charlie Rose.

Rentrée P45

P45 est finalement rentré de vacances cette semaine, après un été passé à boire des soda-Campari et à se pogner des inconnues dans des auberges de jeunesse sud-est-asiatiques.

Au menu entre autres, un retour de P45 hebdo après quelques années d'absence, et un épisode de Dans ton salon chez Saveur du mois, oups lapsus, Coeur de pirate.


Dans ton salon, Coeur de pirate from P45 on Vimeo.

Mes livres sur Amazon

  • Quelque part au début du XXIe siècle
    Les années 00 vues par 40 jeunes créateurs et observateurs québécois, dont Nicolas Dickner, Marie Hélène Poitras, Rafaële Germain, Hugo Latulippe, François Létourneau, Isabelle Blais et plusieurs autres.
  • : Dix mille choses qui sont vraies

    Dix mille choses qui sont vraies
    Recueil de mes chroniques parues dans P45 et La Presse. Tome 1, de 9901 à 10 000.

QUELQUES TEXTES, CHRONIQUES ET CHOSES DIVERSES

  • Un aperçu de mes contributions récentes à des journaux, magazines, sites web, émissions radiophoniques et autres.

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