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NICOLAS LANGELIER

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décembre 2007

Pour les lève-tôt

Grâce à la magiiiie de Radio-Canadaaaa, je ferai deux chroniques à C'est bien meilleur le matin pendant les Fêtes.

Mercredi 26 décembre, 6h40: réflexions sur le boxing day et l'importance de rester chez-soi en pyjama.

Mercredi 2 janvier, 6h40: considérations sur l'art de tenir ses résolutions, en 2008.

C'est au 95,1 fm, à Montréal.

J'en profite pour tous vous souhaiter de très belles vacances, et une heureuse et optimiste année 2008. Je suis de retour en janvier.

P45: des mots, de la musique, des bilans inventés

P45_211207

L'équipe de P45 vous a préparé un beau petit spécial de fin d'année. Plein de choses à voir, dont un genre de revue des choses qui ne sont pas arrivées en 2007, qu'on s'est bien amusé à monter.

Et pour vous mettre dans le mood pour votre party de ce soir, les 7 chansons qui nous ont rendu heureux et nous ont fait sauter sur place comme des enfants de 4 ans, cette année.

Dans le walk-in de Tricot Machine

Tricot

Côté scène locale, Tricot Machine aura été mon coup de coeur musical de 2007. iTunes m'informe que j'ai écouté Les Peaux de lièvres 87 fois, ce qui est sans doute un peu trop.

Mercredi soir, Mathieu et Catherine ont fait un beau cadeau à P45, en invitant Véro B et Marie-Claude Beaucage à venir tourner chez eux un épisode de Dans ton salon. Dans les faits, le salon était trop bordélique, alors on s'est ramassé dans la cuisine, mais c'est correct quand même. Un beau petit moment dans l'intimité du Couple de l'année™.

En bonus: une vision de leur costume d'ours dans un sac de plastique, et, en primeur, une version cuisine de leur nouveau single, 25 décembre.

On regarde tout ça ici.

Qu'est-ce qu'on dit? Merci, P45! Merci, Tricot Machine!

(Mention «On pense à vous, DTC/GB»: et bien sûr, ils sont en spectacle à Montréal la semaine prochaine)

Dix mille choses qui sont vraies

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Ce qu’il y a de bien, avec la gentrification, c’est que le café est meilleur

Les conséquences négatives de l’embourgeoisement d’un quartier sont bien connues: spéculation immobilière, hausse des loyers, diminution de la mixité sociale, multiplication des restaurants servant une nourriture trop chère affublée d’appellations prétentieuses. Sans oublier bien sûr le risque de croiser un animateur de radio commerciale, ce qui n’est jamais un signe qu’un quartier est sur la bonne voie, culturellement parlant.

Ce dont on discute moins souvent, cependant, c’est des bénéfices de l’embourgeoisement. Du bénéfice, en fait, parce qu’il n’y en a qu’un qui compte vraiment: le café est bien meilleur.

Parce qu’à moins d’avoir la chance de vivre dans un quartier comptant une importante population originaire du pourtour méditerranéen, l’embourgeoisement est la seule façon d’échapper à la médiocrité du café canadien-français traditionnel. Tous ceux qui, par exemple, déplorent la gentrification graduelle d’Hochelaga n’ont aucun souvenir de combien il était difficile d’y boire une tasse de café décente, avant la fin des années 90. Quand votre meilleure option est le Tim Horton’s, il y a de quoi être déprimé.

Bien sûr, il y a des choses beaucoup plus importantes que le café, dans la vie. Bien sûr, l’idéal reste un quartier socialement diversifié ET capable de vous procurer une bonne tasse de café. Mais devant la nostalgie qui s’empare parfois de certains au souvenir de ce qu’était le Plateau pré-boom immobilier ou Hochelaga-Maisonneuve pré-HoMa ou la rue Masson pré-disparition des restaurants à hot dogs à tous les coins de rue, il n’est pas totalement inutile de rappeler l’infect liquide brun qu’on y buvait alors. Ce qui explique sûrement pourquoi la cocaïne y était si populaire, d’ailleurs.

Nicolas Langelier
Paru dans La Presse, vendredi 14 décembre 2007

Réforme de la Loi canadienne sur le droit d'auteur: un sursis

Si vous n'avez pas suivi l'histoire, la voici résumée en quatre phrases: le gouvernement fédéral devait déposer hier aux Communes un projet visant à modifier la Loi canadienne sur le droit d'auteur. La plupart des observateurs estiment que ces modifications auraient mis la loi canadienne en phase avec le Digital Millenium Copyright Act américain, une réglementation penchant lourdement en faveur des titulaires de droits, au détriment des utilisateurs et de la population en général (domaine de l'éducation, milieu académique, chercheurs, créateurs, etc.). Le gouvernement Harper se serait ainsi plié aux pressions du gouvernement américain, d'une part, mais surtout des différents lobbys des détenteurs de droits. Il est aussi important de souligner que le gouvernement n'a pas consulté la population canadienne à ce sujet depuis 2001, aussi bien dire une éternité dans ce domaine.

Bref, ce projet s'annonçait désastreux pour quiconque a à coeur la vitalité de notre culture, au sens large du terme.

Mais voilà que, contre toute attente, le projet n'a pas été déposé hier. Et que, selon Michael Geist, il ne sera pas au moins avant la fin janvier. Que s'est-il donc passé, pour que le ministre de l'Industrie revienne sur sa décision?

Difficile à dire, à ce point-ci. Mais il semble assez évident que la très importante levée de bouclier qui était en train de se créer contre le projet de loi a fait réfléchir le gouvernement. Par exemple, un groupe Facebook, Fair Copyright for Canada, a réussi à regrouper plus de 20 000 internautes en quelques jours à peine. Des milliers de lettres ont été envoyées aux différents responsables politiques. Des pétitions circulaient. Des manifestations étaient prévues. Etc.

Bref, on assiste à l'une de ces rares occasions où l'implication citoyenne réussit à faire changer d'idée le gouvernement. En tant que citoyen, consommateur de culture, étudiant, individu préoccupé par la circulation des idées et la vitalité de la culture, on ne peut qu'être content d'un tel résultat, et un peu moins cynique devant l'efficacité de notre démocratie. Et puis, une fois de plus, Internet, les blogues et les réseaux sociaux ont démontré quels formidables outils démocratiques ils peuvent devenir, quand ils sont bien utilisés.

Bien sûr, rien n'est encore gagné: il reste à voir ce qui arrivera avec le projet de loi. Mais en attendant, il y a raison de se réjouir.

Voici ce que vous pouvez faire.

Blogueurs purs à 100%

Ainsi donc, selon un article de Mario Asselin publié dans le magazine Le Trente de ce mois-ci, je serais le seul «vrai» journaliste blogueur actif au Québec (l'autre «vrai», Dominic Arpin, ayant accroché son clavier). M. Asselin base sa définition de ce qu'est un véritable blogueur sur la notion de conversation:

Le blogue est un outil de conversation, pas seulement une présence Internet. C’est une communauté que l’on tisse, un réseau avec lequel on accepte d’interagir. C’est l’échange avec les lecteurs, le référencement à ce qui se dit ou se fait ailleurs sur le web, et la participation à d’autres blogues qui distingue le blogueur et sa blogosphère des simples pages personnelles.

Une bonne définition... Quoique je ne peux m'empêcher de penser que je ne suis sûrement pas le seul à y correspondre. D'ailleurs, la discussion subséquente a permis de relever deux autres «vrais» potentiels, Raymond Viger et Steve Faguy. Tant mieux. C'eut été trop de pression, de quoi m'effondrer lamentablement, tel un Alexandre Daigle de la conversation virtuelle.

Appel à tous: journalisme participatif!

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J'avais tenté l'expérience il y a deux ans, et ça avait très bien marché, alors on recommence cette année.

Je fais donc à nouveau appel à vos lumières, pour un texte que m'a commandé La Presse pour le nouvel an. Je veux que vous me disiez:

1) Les choses que vous aimez particulièrement en ce moment (dans tous les domaines: culture, société, technologie, nouveaux phénomènes, etc.), et dont vous voudriez plus, en 2008;

2) Les choses pour lesquelles vous avez vraiment atteint votre quota, en 2007.

Où que vous soyez dans le monde, j'aimerais beaucoup avoir vos idées. Vous pouvez répondre dans les commentaires ou par courriel (mon adresse est à gauche). Toutes les personnes dont les suggestions seront retenues verront leur nom publié dans La Presse, et pourront donc appeler leur mère en pleurant et en criant «MAMAN, J'AI ENFIN RÉUSSI MA VIE!» (après quoi votre mère, bien sûr, haussera les sourcils en soupirant et vous suppliera de revenir à la maison en disant «Pour un instant, oublie que tu es une superstar. Tu es aussi jeune et vulnérable».)

Date limite pour me soumettre vos idées: dimanche, 16 décembre, 15h15.

Je compte sur vous. Votre vieille mère compte sur vous. Merci d'avance!

Chimique

Depuis un an, je ne bois plus dans des bouteilles en plastique réutilisables, à cause des risques très sérieux pour la santé liés au bisphénol A, un composé chimique utilisé dans leur fabrication. Le bisphénol A est un perturbateur hormonal: le corps le confond avec l'oestrogène... (Pour ceux que ça intéresse: j'utilise une bouteille en inox)

Le Globe and Mail rapportait hier que Mountain Equipment Coop a décidé de retirer de ses tablettes tous les produits fabriqués dans ce type de plastique (La Presse reprend la nouvelle aujourd'hui). MEC attendra un avis de Santé Canada avant de prendre une décision définitive sur la question.

En octobre dernier, le magazine Harper's soulignait (abonnement nécessaire) que 95% des produits chimiques avec lesquels nous sommes quotidiennement en contact n'ont JAMAIS été testés quant à leur impact sur notre santé ou l'environnement. 95%! Aussi bien dire que le principe de précaution a été jeté à la poubelle.

Dans sa chronique d'aujourd'hui, Pierre Foglia écrit que, beaucoup plus que la question du réchauffement de la planète, c'est celle de la non-régulation de l'industrie chimique qui l'inquiète. Il a certainement raison. Lisez ceci, tiré de l'article de Harper's:

Greenpeace U.K. released a study in 2005 that found numerous toxic chemicals in the umbilical-cord blood of European infants. That same year, World Wildlife Fund International tested the blood of three generations of women from twelve European countries. The largest number of chemicals—sixty-three—was found in the group of grandmothers. Given the number of years they had had to accumulate exposure, this result was perhaps not surprising. But the next-highest level was among their grandchildren, aged twelve to twenty-eight, who in their short lifetimes had amassed fifty-nine different toxic chemicals. The blood of a nineteen-year-old Italian, who later sent me her test results, included brominated flame retardants, which are potential liver, thyroid, and neurological toxins that are used to coat many electronics; the pesticides DDT and lindane, the latter of which is suspected of contributing to breast and other cancers; perfluorinated chemicals, known carcinogens that are used as stain- and water-repellents on clothing, furniture, and nonstick cookware; and artificial musk aromas, found in soaps and perfumes, that scientists claim can reduce the body’s ability to expel other toxins.

Tout ça pour dire qu'il est grand temps que le regard médiatique se détourne un peu des gaz à effet de serre pour se porter sur tous ces produits qui nous empoisonnent au quotidien. Mais bien sûr, en attendant que les médias s'y mettent, rien ne nous empêche de nous informer nous-mêmes: il y a internet, pour ça.

Dix mille choses qui sont vraies

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Au 21e siècle, l’arrivée de l’âge adulte est caractérisée par la combinaison de trois phénomènes distincts

Avant que la modernité ne vienne semer la confusion dans nos sociétés et nos petites têtes mélangées, l’arrivée de l’âge adulte était déterminée par des événements nets, tranchés, clairement ritualisés. Les aînés de votre communauté, par exemple, vous forçaient à passer trois jours et trois nuits seul dans la savane, disons, ou à marcher nu sur des tisons brûlants, ou encore à perdre votre virginité avec une prostituée syphilitique. Ou alors l’adultie venait alors que, à peine sortie de l’adolescence (un concept qui n’existait même pas, d’ailleurs), vous vous retrouviez avec des enfants, un ménage à administrer et un époux syphilitique. Au moyen-âge, l’Église catholique considérait même qu’on devenait adulte et responsable à un âge précis: 7 ans.

Aujourd’hui, on le sait, les choses sont un peu différentes. Plus que par un rite initiatique ou un anniversaire particulier, l’arrivée de l’âge adulte est dorénavant marquée par l’alignement existentiel de trois phénomènes distincts. Notez que cette combinaison peut se produire relativement tôt dans la vie, ou plus tard, ou jamais.

1 Vous commencez à garder vos reçus aux fins d’impôts
Peut-être même avez-vous un comptable.

2 Vous mettez de l’argent dans un régime enregistré d’épargne retraite
Parce qu’après une longue période de déni et/ou d’irréalisme romantique, vous avez réalisé que, selon toute vraisemblance, vous ne mourrez pas avant de devenir vieux.

3 Vos activités sociales se résument de plus en plus à des soupers et des déjeuners entre amis
Pas des soupers précédant une folle sortie dans un bar, ni des déjeuners avalés au petit matin sans avoir dormi, encore saoul ou les pupilles toujours dilatées. Non, juste un souper, ou juste un déjeuner. Après lequel vous allez vous coucher dans le premier cas, ou faire des courses dans le deuxième. N’oubliez pas vos reçus!

Nicolas Langelier
Paru dans La Presse, vendredi 7 décembre 2007

De la nécessité du chialage

Samedi, dans le Guardian, Oliver Burkeman consacrait sa chronique hebdomadaire à A Complaint-Free World, un mouvement lancé par un pasteur américain et dont l'idée générale est de cesser de se plaindre, dans la vie. Ça semble un peu gnangnan sur les bords, mais bon, il y a des choses intéressantes là-dedans, et j'ai même vaguement envisagé la possibilité d'essayer leur défi 21-jours-sans-chialer. Peut-être que je pourrais y arriver?

Puis tout à l'heure, j'ouvre la radio. À quoi Maisonneuve consacre-t-il sa tribune téléphonique? À quel sujet cette émission qui aspire à couvrir «les événements les plus chauds de l’actualité québécoise, nationale et internationale, les questions qui mobilisent l’attention et les enjeux de société qui se multiplient dans un monde en pleine transformation» juge-t-elle nécessaire de s'attarder, aujourd'hui? Rencontre de Bali? Corruption de la classe politique? Réforme de la loi fédérale sur le droit d'auteur? Pourparlers israëlo-palestiniens? Stérilité intellectuelle et morale du Parti libéral du Canada? Non: la fête de Noël. Avec des questions fondamentales comme «Combien ça coûte, un beau gros sapin?» et «Est-ce qu'il est trop tôt pour envoyer nos cartes de Noël?».

Misère. Je dirais même: calice...

Je pense que je ne suis pas prêt pour un monde sans chialage.

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  • : Dix mille choses qui sont vraies

    Dix mille choses qui sont vraies
    Recueil de mes chroniques parues dans P45 et La Presse. Tome 1, de 9901 à 10 000.

QUELQUES TEXTES, CHRONIQUES ET CHOSES DIVERSES

  • Un aperçu de mes contributions récentes à des journaux, magazines, sites web, émissions radiophoniques et autres.

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