Il est finalement paru, mon essai écrit suite à mon obtention de la première bourse La Vie en rose. C'est dans l'édition du magazine L'actualité qui est actuellement en kiosque (15 septembre), et il y a un extrait ici. Le magazine se refait d'ailleurs une beauté avec cette édition (nouvelle maquette, nouvelles rubriques, etc.), alors ça vaut la peine de se le procurer. Surtout qu'il est offert pour l'occasion au prix spécial de 1,75$.
Malheureusement, des contraintes d'espaces ont fait que mon texte a dû être coupé de manière assez importante. Plusieurs considérations sur le féminisme et sur l'ironie, entre autres, ont sauté, de même que (petit détail) ma conclusion. J'ai donc mis le texte original sur P45, pour ceux qui veulent le lire dans son intégralité.
Et tiens, je recolle la conclusion complète ici aussi.
La troisième réaction possible passe par la reconnaissance que les mots que nous utilisons sont rarement innocents. Ils ne sont pas accessoires à notre culture: ils sont notre culture. Oui, il y a toujours eu des mots péjoratifs à l’endroit des femmes. Mais la manière dont ils se multiplient actuellement à notre époque 100%-drôle-100%-ironique devrait nous forcer à s’arrêter pour réfléchir à tout ça. N’y a-t-il pas un risque pour l’estime de soi des jeunes filles, par exemple, lorsqu’elles chantent à tue-tête des paroles de nature misogyne? Parce que lorsqu’on s’y met, il est difficile de trouver ce qui est vraiment drôle, dans une phrase comme «Pas de joie pour les salopes, ça c'est ma loi. Marche droit, parle pas, avale, aboie». Et ce qui serait encore moins drôle, à bien y penser, ce serait de refuser de s’en formaliser simplement par peur de passer pour quelqu’un qui ne comprend pas l’ironie…






Pour ma part, j'ai une nouvelle hypothèse à ce sujet ; pour gagner l'égalité et le respect auprès de la gent masculine, nous avons tenté plusieurs «tactiques», de façon plus ou moins consciente à travers les dernières décennies.
La nouvelle méthode est de se fondre parmi eux en retirant tout sens de leurs mots et en prenant toute la situation à la légère. Tant qu'à moi c'est lâche et dégradant. Le proverbe «qui ne vaut pas une risée de vaut pas grand chose» n'est pas valable dans la situation présente. On ne peut pas tout faire sous le couvert de la blague et de l'ironie. On n'est pas des ados de 15 ans: «Come on, c't'une joke»...
Bel essai!
Rédigé par : | 27 août 2007 à 15:04
Salut Nicolas,
Je ne sais pas si tu as vu l'agréable publicité de M. Martineau dans le Journal d'aujourd'hui? En voilà un qui aurait peut-être dû lire la conclusion de ton essai.
Rédigé par : Isabelle Guillot | 28 août 2007 à 16:19
C'est une très belle réflexion... Je soutiens cette intelligente conclusion (et je soutiens Sophie D.) bien qu'on me traite souvent de hipster. Comme quoi.
Rédigé par : Julie | 29 août 2007 à 06:29
Sophie Durocher réplique également sur son blogue, mais sur un tout autre sujet:
http://forums.chatelaine.qc.ca/advansis/?mod=for&act=dis&eid=18
Rédigé par : Mathieu Poirier | 29 août 2007 à 14:43
Ah... Je viens de lire la section commentaires de l'entrée de blogue de Mme Durocher.
Drôle.
Rédigé par : Mathieu Poirier | 29 août 2007 à 14:51
Mon Dieu, qu'est-ce qui se passe avec la Durocher? Elle n'a vraiment rien compris au texte! C'est la grossesse qui ne lui fait pas?
Quoiqu'il en soit, pauvre bébé... Il n'héritera pas de très bons gènes de subtilité intellectuelle.
Rédigé par : simone | 29 août 2007 à 18:06
Je rêve, je rêve! Dans cette guerre, je suis Langelier team all the way! Sophie Durocher n'a visiblement rien compris à l'instar de ses quelques (mais heureusement pas trop nombreux) disciples.
Rédigé par : Marie J. | 29 août 2007 à 22:46
Très intéressant, ce texte. Matière à réflexion!
Drôle de constater à quel point SD et RM semblent n'avoir rien pigé...
Rédigé par : Isabelle | 30 août 2007 à 15:06
Merci pour la conclusion. Selon moi c'est une mauvaise décision éditoriale de ne pas l'avoir publiée dans L'actualité.
Ayant lu l'article sans savoir qu'il était amputé m'avait laissé sur ma faim. C'est plus complet, plus clair et surtout plus satisfaisant ainsi.
Rédigé par : Epicure | 01 septembre 2007 à 23:44
Très bon article Nicolas! Bon, étant ton cousin, je ne suis peut-être pas très très objectif.
La lecture de ton article m'a ramené à ma courte expérience de professeur en secondaire quatre. Je revoyais mes étudiants et étudiantes qui, en assez grande proportion, suivaient la mode "gangster" (t-shirt quatre fois trop grand, veste à capuchon avec les même logo généralement hideux imprimé 450 fois sur le vêtement, bling-bling, etc.). Ces jeunes sont parfois influencés jusqu'à porter des accessoires de différentes gangs de rue, par exemple un seul gant noir ou un bandanna rouge, et ce, qu'ils en fassent partie ou non!!!
Qui dit mode, dit aussi courant de pensée, et qui dit courant de pensée, dit développement d'un rôle social. Voici ce que cette mode entraine: les hommes jouent aux gangster machos qui parlent des filles comme des objets de désirs et les filles jouent... aux objets de désir! Oui, c'est une blague se traiter de pute, mais c'est également le rôle qu'elles se donnent. Malheureusement, ce rôle, ils le prennent dans la société réelle et non dans une pièce de théâtre.
Donc, voici quelques exemples plus concrets:
- Dans les cours, les gars ne prennent pas de notes en disant "je prendrai les notes de Stéhpanie (nom fictif)", et ce, devant Stéphanie qui continue de prendre des notes sans broncher.
- On met de la drogue du viol dans les breuvages de filles dans les après-bal.
- Des filles de 15 - 16 ans se prostituent au métro Longueuil afin de gagner leur argent de dépenses (elles manquent un cours en plein milieu de la journée, et reviennent après leur passe). Il y a eu des cas de filles de secondaire 2 qui se prostituaient dans les toilettes de l'école pendant les pauses!!!
- Les garçons me parlaient des jeunes professeurs de sexe féminin (oui oui! de leur maîtres intellectuels) en termes très réducteurs: pitounes, "j'y ferais pas de mal à elle", etc.
Bref, tout plein de cas où les filles devraient peut-être se lever et se révolter au lieu de dire "c'est rien qu'une joke". Ton article arrive dans une période critique où justement, au nom de l'ironie, on passe par-dessus des fondements sociaux importants tels les valeurs ou tout simplement l'égalité.
Rédigé par : Jean-Philippe Martin | 04 septembre 2007 à 11:32
Laissez tomber Durocher et son fan club.
Son blogue a l'air platte ? C'est parce qu'elle censure d'elle-même et va même jusqu'à harceler ses blogueurs impénitents sur leur adresse perso avec quelques injures hors ondes. J'en ai été personellement la cible. Mes commentaires de plusieurs semaines,critiques mais jamais haineux, ont été effacés. Avec en prime le commentaire bilieux de la meneuse qui dit avoir ét la cible de méchanceté après avoir effacé les traces des possibles forfaits...
Aveu de faiblesse intellectuelle mais réel trip de pouvoir.
Laissez faire les symptômes de la grossesse de côté, elle a finalement des problèmes de thyroide aussi (lisez-la dans sa chronique des derniers jours) ça explique bien des choses...
Par ailleurs, si elle a un talent réel d'encyclopédie de la variété francophone, elle n'est qu'une bien piètre journaliste. Son style littéraire fleure souvent la putasserie (faire plaisir avant tout aux masses popu) et par ailleurs, pour l'avoir vue un jour deux rangs devant moi à au spectacle gratuit d'un festival estivalier, j'ai compris la montagne de mépris qui l'habitait. On ne doit pas se foutre publiquement du peuple qui danse un soir de Molson Dry sur une musique afro. Ou bien on en en assume les conséquences.
À part ça, elle aura eu un avantage sa chronique un peu merdouilleuse: ça faisait des lustres que je ne lisais plus l'actualité. Je l'ai acheté, j'ai lu votre article et je ne serai pas la première à vous jeter la première pierre, loin de là. Intelligent et en prise réelle avec un présent qui m'est un peu étranger dû à mon âge canonique, mais loin de m'être indifférent puisque je compte quelques jeunes amies déjantées dans cette génèration.
Merci de m'ouvrir les yeux....
Rédigé par : MimetteO | 08 septembre 2007 à 19:10