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NICOLAS LANGELIER

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août 2007

Sujet léger

Bon, bon, éloignons-nous un peu de toutes ces considérations socio-philosophiques, si vous le voulez bien, et reposons-nous quelques instants en abordant cette chose noble et belle sur laquelle s'est bâtie ma pseudo-carrière: les niaiseries (bon, j'écris ceci, et je suis déjà conscient que cette phrase va revenir me hanter un jour, mais assumons, et continuons).

Les niaiseries, donc. J'en ai écrit beaucoup, depuis 10 ans. Et j'ai aidé beaucoup de monde à en publier. J'en suis très fier, parce que ce sont de vraies niaiseries, assumées, pas, mettons, des niaiseries déguisées en éditoriaux se voulant intelligents et réfléchis. Des niaiseries pures, donc, comme il y a de l'héroïne pure et de la, euh, laine pure. Heureusement, cependant, une fois écrites, on les oublie rapidement, ces niaiseries. C'est peut-être une sorte de mécanisme de survie psychologique, je ne sais pas. Quoi qu'il en soit, quand je retombe sur des niaiseries passées, je suis souvent fort surpris: j'avais complètement oublié l'existence de la niaiserie en question. Par exemple, j'avais complètement oublié que j'avais écrit cet essai sur la banalisation du mot pute, jusqu'à ce que Sophie Durocher me le rappelle en écrivant toutes sortes de nounouneries à son sujet, hier.

Bref, long préambule pour dire qu'une niaiserie est ressurgie de mon passé, aujourd'hui, lorsque j'ai reçu le courriel de quelqu'un (Dominic Poulin) me demandant l'autorisation d'utiliser un jeu absurde proposé dans P45 il y a cinq ans de cela. J'avais complètement oublié ce jeu, et même après être retourné dans mes archives, c'est encore très flou dans mon esprit -- qui avait eu cette idée? Je dirais Catherine Gravel, à cause de l'utilisation du mot «poumon» dans les explications, ou Gabrielle Lecomte, mais je ne sais plus.

Ah, mais mon correspondant, lui, n'avait pas oublié ce jeu. Il dit même y avoir joué abondamment avec ses amis, depuis cinq ans. En fait, et je cite, «ce jeu a un tel succès que nous aimerions le populariser et monter une soirée où le public sera appelé à y participer. Soirée qui sera mise en place et supervisée par notre compagnie théâtrale, Les Productions de la Pastèque Carrée». Incroyable, mais apparamment vrai.

À ce point-ci, beaucoup trop de paragraphes plus tard, je sais que vous mourrez d'envie de savoir en quoi il consiste, ce jeu. Eh bien il s'appelle POÈTE-1973 et, de toute évidence, c'est le jeu de l'avenir. Comment jouer, voulez-vous savoir avec trépignation? Suivez ces instructions faciles, telles que publiées dans la newsletter hebdomadaire de P45, en 2002.

«Avides de plaisirs futiles et de rires qui font mal à la face? Voici un jeu inventé pour vous par P45, de quoi meubler dignement un beau grand dimanche après-midi ou n'importe quel soir de semaine qui s'annonce plate :

POÈTE-1973

Ce jeux tout à fait nouveau et réjouissant, ne requérant que crayon, papier et un minimum de créativité, consiste à créer en un temps donné le plus minable poème sur un thème préétabli, et ceci à la manière d'un poète québécois de la décennie 70, et d'ensuite le réciter aux autres joueurs en se retenant de pisser dans nos culottes.

Voici quelques exemples pour vous aider à jouer à POÈTE-1973:

SEL
Poétesse de mon grand mardi matin de pied mouillé aux aurores
sois de joie faite de flocons en fleurs et de sel argenté grugeant tes
bottes d'impératrice des chants ambrés fuyant les steppes de
phosphore.

OUBLI
cru, de son chant et de sa chaire voilée
saignant des arbres démembrés de leur cantique mordoré
feignant l'immobile recrudescence
mourrant de s'éteindre
aux lucioles prémolaires
de l'oubli
fragmentaire

Vous comprenez? Maintenant, quelques trucs de pro pour être bon:

• Un mot en anglais bien souligné... bold... MAJUSCULE, ça a toujours un impact fou et ça donne une saveur de révolte très 70s.

• Jouer d'adjectifs inventés douteux, tels brunesque, arc-en-cielleux ou encore années-violonnantes, toujours gagnant.

•La ponctuation, les silences, les hésitation et exclamations et mots CRIÉS sont le poumon de cette poésie: usez-en pour créer la surprise et faire rire vos amis.

Ne boudez pas ce plaisant jeu: c'est facile, jouez juste une fois, vous allez être raqués le lendemain d'avoir trop ri, vous allez sourire tout seul dans l'autobus, come on... Vous n’en reviendrez pas de vos  propres capacités à faire des phrases laides.

POÈTE-1973: Un jeu de poésie MODERNE™»

Arc-en-cielleux... Hahaha. À vos crayons, donc, jeunes poètes. Et je vous tiens au courant pour les détails sur la soirée de Dominic.

De l’utilisation du mot pute par la jeune femme moderne

Actu Il est finalement paru, mon essai écrit suite à mon obtention de la première bourse La Vie en rose. C'est dans l'édition du magazine L'actualité qui est actuellement en kiosque (15 septembre), et il y a un extrait ici. Le magazine se refait d'ailleurs une beauté avec cette édition (nouvelle maquette, nouvelles rubriques, etc.), alors ça vaut la peine de se le procurer. Surtout qu'il est offert pour l'occasion au prix spécial de 1,75$.

Malheureusement, des contraintes d'espaces ont fait que mon texte a dû être coupé de manière assez importante. Plusieurs considérations sur le féminisme et sur l'ironie, entre autres, ont sauté, de même que (petit détail) ma conclusion. J'ai donc mis le texte original sur P45, pour ceux qui veulent le lire dans son intégralité.

Et tiens, je recolle la conclusion complète ici aussi.

La troisième réaction possible passe par la reconnaissance que les mots que nous utilisons sont rarement innocents. Ils ne sont pas accessoires à notre culture: ils sont notre culture. Oui, il y a toujours eu des mots péjoratifs à l’endroit des femmes. Mais la manière dont ils se multiplient actuellement à notre époque 100%-drôle-100%-ironique devrait nous forcer à s’arrêter pour réfléchir à tout ça. N’y a-t-il pas un risque pour l’estime de soi des jeunes filles, par exemple, lorsqu’elles chantent à tue-tête des paroles de nature misogyne? Parce que lorsqu’on s’y met, il est difficile de trouver ce qui est vraiment drôle, dans une phrase comme «Pas de joie pour les salopes, ça c'est ma loi. Marche droit, parle pas, avale, aboie». Et ce qui serait encore moins drôle, à bien y penser, ce serait de refuser de s’en formaliser simplement par peur de passer pour quelqu’un qui ne comprend pas l’ironie…

École d'été de l'Institut du Nouveau Monde

Ecoleete_2007_141C'est mercredi que s'amorce l'édition 2007 de l'École d'été de l'Institut du Nouveau Monde, le grand événement annuel pour les 15-35 ans intéressés par l'engagement public. Quatre jours d'activités et de discussions, pour un prix dérisoire. Le programme est ici (pdf).

Vendredi matin, j'y animerai une conférence portant sur les manières dont les jeunes peuvent influencer les décisions politiques et s'engager à la fois au niveau local et international pour proposer une autre vision des choses. Les invités: Alpha Bacar Barry de Peace Child International, et Anke Green du programme jeunesse de l’ONU.

Ménage pré-vacances

Plusieurs choses d'intérêt:

• La vérité sur le «piratage» canadien:

• Pour rendre ses vacances productives: How to Get Rid of Things.

• La version canadienne du projet Guttenberg, qui offre des livres libres de droits.

• Un guide de Creative Commons sur les aspects légaux de la baladodiffusion au Canada (pdf).

• Des pictogrammes pour une vie heureuse.

• Une conférence à TED sur comment le design peut nous rendre heureux.

• De TEd toujours: ça ne m'était probablement jamais arrivé auparavant, mais ce projet de Microsoft m'a vraiment impressionné.

• Un bon site canadien sur la neutralité des réseaux.

• Une animation présentant l'évolution des noms des bébé entre le 19e siècle et aujourd'hui.

• Un article du Guardian sur les impacts négatifs des éoliennes au niveau social.

L'avenir des villes, selon The Economist.

• Un projet web de Miranda July.

Voilà... Ah, et j'ai aussi mis à jour mon blogroll.

Bon mois d'août, je suis de retour en septembre!

Mes livres sur Amazon

  • Quelque part au début du XXIe siècle
    Les années 00 vues par 40 jeunes créateurs et observateurs québécois, dont Nicolas Dickner, Marie Hélène Poitras, Rafaële Germain, Hugo Latulippe, François Létourneau, Isabelle Blais et plusieurs autres.
  • : Dix mille choses qui sont vraies

    Dix mille choses qui sont vraies
    Recueil de mes chroniques parues dans P45 et La Presse. Tome 1, de 9901 à 10 000.

QUELQUES TEXTES, CHRONIQUES ET CHOSES DIVERSES

  • Un aperçu de mes contributions récentes à des journaux, magazines, sites web, émissions radiophoniques et autres.

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