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QPD21S à Christiane Charette

65479 Discussion ce matin à Christiane Charette, autour de la sortie de Quelque part au début du XXIe siècle. Rima Elkouri, Karina Goma et Marc Cassivi étaient également présents.

Le livre devrait être en librairie dès vendredi (24 octobre). D'ici là, vous pouvez aussi le commander chez les libraires virtuels:



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Je suis ensuite resté pour participer à la discussion à propos du nouveau livre de Jacques Godbout (13:13).

Le tour du monde en 200 enfants

Children La Grande-Bretagne est sans doute le pays le plus multiethnique au monde. Une équipe du Guardian y a retracé un enfant originaire de tous les pays du monde (sauf 7: Saint-Marin, îles Marshall, États fédérés de Micronésie, Nauru, Paulu, Corée du Nord et République centrafricaine) mais vivant maintenant en Grande-Bretagne, a pris sa photo et lui a posé des questions. Le résultat, attendrissant, est ici.

Médias et diversité des voix: ma journée à Rideau Hall

300px-Flag_of_the_Governor-General_of_Canada.svg Le mois dernier, j'ai été invité à passer une journée à Rideau Hall, la résidence officielle de la Gouverneure générale, en compagnie de Leurs Excellences elles-mêmes et d'une vingtaine de participants issus du monde des médias. Le motif: un Point des arts consacré la question de la diversité des voix dans les médias canadiens, une question qui me préoccupe beaucoup, à titre personnel de même qu'en tant que président de l'AJIQ

On peut voir un extrait des discussions ici. Et aussi ici, et .

Il a été intéressant de constater la diversité des points de vue, parmi les invités. Pour ma part, j'ai abordé la question sous l'angle de la concentration des médias, puisqu'il s'agit à mon avis de la plus grave menace qui pèse actuellement sur la diversité médiatique au pays. 

On ne le dit pas assez, mais le Canada est l'un des pays industrialisés qui compte le plus haut taux de concentration de la presse. Dans une grande ville comme Vancouver, par exemple, une seule entreprise (CanWest Global) contrôle les deux principaux quotidiens (le Vancouver Sun et le Province, de même évidemment que le National Post), la station de télévision la plus écoutée (Global) et la plupart des hebdos de quartier. Et quand on sait que la famille Asper, propriétaire de CanWest, n'hésite pas à utiliser ses médias pour diffuser ses opinions politiques (comme l'appui à Israël malgré son occupation illégale des territoires palestiniens), il y a de quoi être inquiet.

Pourtant, on n'en parle presque pas. Oh, il y a bien quelques discussions entre journalistes, à l'occasion de certains congrès ou d'événements comme ce Point des arts––mais le reste du temps, on continue à se mettre la tête dans le sable, et à faire semblant de ne pas voir cette menace grandissante contre la démocratie. Le gouvernement continue à ne pas vouloir agir, les citoyens ne manifestent pas leurs craintes (mais comment être craintif, bien sûr, quand personne ne nous informe de la gravité de la situation?). 

Encore aujourd'hui, je lisais que le Bureau de la concurrence, sensé protéger l'intérêt des consommateurs, recommanderait au CRTC de ne pas tenter de favoriser la concurrence dans le domaine des nouveaux médias... 

Jusqu'ici tout va bien, comme on dit.

Le mot du jour

Voilà un article Wikipédia qui va devoir être enrichi un petit peu: Interculturalisme

Mon nouveau magazine préféré

Lq_money_cover_smallJe ne sais pas trop ce qui s'est passé dans ma vie au cours des derniers mois, mais une chose est sûre: nombre de magazines achetés > temps passé à lire des magazines. Si bien que je croule aujourd'hui sous les magazines non lus, à un point tel que je suis tenté de déclarer une faillite magazines, mettre tout ça au recyclage, et repartir à zéro avec les éditions de juin. Mais il y a trop de choses que je veux lire là-dedans, des Adbusters, XXI, Believer, Harper's, Walrus et autres, et donc je n'aurai d'autre choix cet été que d'annuler mes vacances et m'enfermer pour trois semaines dans un garde-robe avec ma pile de magazines et une lampe frontale.

Mais mes problèmes de gestion de l'information n'étaient pas l'objet du présent billet. Je voulais plutôt parler de mon nouveau magazine préféré: Lapham's Quarterly. Lapham comme dans Lewis Lapham, extraordinaire essayiste et ancien rédacteur en chef de Harper's. C'est lui qui a lancé l'automne dernier ce trimestriel dont chaque numéro est consacré à un thème particulier: le premier (hiver 2008), que je viens de finir, était consacré à la guerre; le deuxième (printemps) tourne autour de l'argent. La particularité, c'est que la vaste majorité des textes qu'on y retrouve ont été écrits par des gens morts depuis longtemps: Aristote, Mark Twain, Marx, McLuhan, Byron, Senèque, Virginia Woolf et des dizaines d'autres. Quelques auteurs contemporains complètent le contenu du magazine.

Le concept de Lapham's Quarterly, c'est que ces thématiques au coeur de l'actualité trouvent un éclairage nouveau avec l'apport de ces textes choisis avec soin dans le grenier de l'histoire. Et ça fonctionne totalement, bien mieux qu'aucun magazine contemporain n'y arrive. À un point tel qu'on en arrive vraiment à se demander pourquoi on n'envoit pas tous nos insignifiants «analystes» actuels (la liste est interminable, bien sûr, mais je me contenterai de ceci: Donald Cuccioletta) au chômage immédiat.

Mais c'est l'un des principaux problèmes de la modernité, évidemment, qu'on en est venus à croire que notre époque est tellement unique, nos circonstances si nouvelles, que le passé ne peut nous aider à comprendre le présent. Grave erreur, bien sûr, et c'est ce que vient nous rappeler de brillante façon le Lapham's Quarterly.

Dix mille choses qui sont vraies

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L’excentricité n’est plus à la mode

Chaque époque a son caractère propre, résultat de l’influence combinée de facteurs aussi disparates que la situation économique, les conditions politiques, les développements techniques ou les goûts particuliers de la grosse vedette de l’heure. Consciemment ou non, nous sommes influencés par cette humeur-là––elle affecte notre attitude et notre façon de penser, nos gestes et nos décisions.

Il y aurait beaucoup à dire sur l’esprit de notre époque, mais il y a une chose en particulier qui saute aux yeux: l’excentricité n’est pas à la mode. Ça n’a pas toujours été le cas, bien sûr; il y a eu des périodes, dans l’Histoire, où c’était une qualité appréciée, et même encouragée. Mais depuis peut-être la deuxième moitié des années 1980, nous voyons d’un mauvais oeil les vêtements trop extravagants, les comportements trop fantasques, les choix de vie trop originaux. Nos audaces sont rares et nos partys sont plates. Il est quand même déconcertant, par exemple, que les jeunes de la rue d’aujourd’hui adoptent les mêmes codes et styles vestimentaires que deux générations de punks avant eux. Ça en dit long sur notre époque, que les plus marginaux d’entre nous soient aussi anticonformistes que le Lavalois moyen.

Donner une explication à ces presque 25 années de sobriété et de conformisme n’est pas évident, surtout avec les 64 mots qu’il me reste en banque. Mais peut-être qu’un élément de réponse se trouve dans la définition même d’excentricité: «Manière d’être d’une personne qui s’écarte des usages reçus». Quand, à une époque donnée, il ne semble plus y en avoir, d’usage reçu, quand tout est permis et que le marginal est la norme, est-il tentant, voire même possible, d’être excentrique? Poser la question, c’est sans doute un peu y répondre.

Nicolas Langelier
Paru dans La Presse, vendredi 18 avril 2008

Dix mille choses qui sont vraies

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Ce sont souvent les politiciens conservateurs qui ont le plus envie de tout changer

Conservateur: le terme évoque un attachement au statu quo, à l’ordre établi. On pense «conservateur», et on connote «tradition», «convention», «agent de conservation» même, peut-être. Pourtant, dans les démocraties du début du 21e siècle, les politiciens conservateurs sont paradoxalement les plus désireux de réformer les structures, de revoir les programmes, de modifier les façons de faire.

Évidemment, ils vous diraient qu’ils ne veulent pas changer les choses, mais bien les ramener à ce qu’elles étaient avant, dans le bon vieux temps. En fait, ils ne diraient pas ça non plus (personne n’oserait employer de nos jours cette expression qui sent la punition corporelle et la femme au foyer), mais ils le souhaitent (pas nécessairement la punition corporelle et la femme au foyer, d’accord, mais une version modernement correcte de la chose). En ce sens, le conservatisme est une sorte de progressisme à rebours, un désir d’effacer les rénovations des dernières décennies afin de ramener notre maison collective à son état original : arrachons ce revêtement/programme social, détruisons cette annexe/société d’État, vendons ce terrain/parc national, et remettons les ornements victoriens.

Jusqu’où les conservateurs voudraient-ils nous faire retourner, comme ça? À la maison en pierres des champs, à la cabane en bois rond? Non, pas si loin: à la demeure bourgeoise du 19e siècle. Car contrairement au politicien progressiste, qui cherche à nous amener toujours plus en avant vers un avenir meilleur, le politicien conservateur, lui, a une idée très précise de son idéal temporel: quelque part aux alentours de 1892.

Bien sûr, seule une infime minorité habitait une demeure bourgeoise, à l’époque. Mais le truc du politicien conservateur est justement de nous laisser croire qu’avec les bons changements politiques, nous (oui, nous!) pourrons en acheter une, demeure bourgeoise…

Nicolas Langelier
Paru dans La Presse, vendredi 7 mars 2008

Entretenir la peur collective

Internet et en particulier le site Facebook posent un risque pour l'armée canadienne, selon les Forces canadiennes qui demandent aux militaires en Afghanistan de limiter leur utilisation du site populaire.

Une note interne obtenue par la CBC indique aux militaires que des partisans d'Al-Qaeda scrutent le site à la recherche de renseignements sensibles qui pourraient faire des militaires et de leurs proches des cibles plus faciles.
Utilisation d'Internet: Les militaires priés de se limiter :: Radio-Canada

Oh que des histoires comme celle-là me font penser à The Power of Nightmares, le documentaire de la BBC qui avance que la peur d'Al-Qaeda est savamment entretenue par les gouvernements occidentaux, qui ne demandent pas mieux qu'une population unie par la crainte d'un vague mais terrifiant ennemi extérieur...

Il me semble que l'armée canadienne ferait mieux de prier ses soldats de ne pas se saouler comme des caves, cracher sur les femmes et frapper des innocents avec des bouteilles.

Pour les lève-tôt

Grâce à la magiiiie de Radio-Canadaaaa, je ferai deux chroniques à C'est bien meilleur le matin pendant les Fêtes.

Mercredi 26 décembre, 6h40: réflexions sur le boxing day et l'importance de rester chez-soi en pyjama.

Mercredi 2 janvier, 6h40: considérations sur l'art de tenir ses résolutions, en 2008.

C'est au 95,1 fm, à Montréal.

J'en profite pour tous vous souhaiter de très belles vacances, et une heureuse et optimiste année 2008. Je suis de retour en janvier.

Dix mille choses qui sont vraies

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Ce qu’il y a de bien, avec la gentrification, c’est que le café est meilleur

Les conséquences négatives de l’embourgeoisement d’un quartier sont bien connues: spéculation immobilière, hausse des loyers, diminution de la mixité sociale, multiplication des restaurants servant une nourriture trop chère affublée d’appellations prétentieuses. Sans oublier bien sûr le risque de croiser un animateur de radio commerciale, ce qui n’est jamais un signe qu’un quartier est sur la bonne voie, culturellement parlant.

Ce dont on discute moins souvent, cependant, c’est des bénéfices de l’embourgeoisement. Du bénéfice, en fait, parce qu’il n’y en a qu’un qui compte vraiment: le café est bien meilleur.

Parce qu’à moins d’avoir la chance de vivre dans un quartier comptant une importante population originaire du pourtour méditerranéen, l’embourgeoisement est la seule façon d’échapper à la médiocrité du café canadien-français traditionnel. Tous ceux qui, par exemple, déplorent la gentrification graduelle d’Hochelaga n’ont aucun souvenir de combien il était difficile d’y boire une tasse de café décente, avant la fin des années 90. Quand votre meilleure option est le Tim Horton’s, il y a de quoi être déprimé.

Bien sûr, il y a des choses beaucoup plus importantes que le café, dans la vie. Bien sûr, l’idéal reste un quartier socialement diversifié ET capable de vous procurer une bonne tasse de café. Mais devant la nostalgie qui s’empare parfois de certains au souvenir de ce qu’était le Plateau pré-boom immobilier ou Hochelaga-Maisonneuve pré-HoMa ou la rue Masson pré-disparition des restaurants à hot dogs à tous les coins de rue, il n’est pas totalement inutile de rappeler l’infect liquide brun qu’on y buvait alors. Ce qui explique sûrement pourquoi la cocaïne y était si populaire, d’ailleurs.

Nicolas Langelier
Paru dans La Presse, vendredi 14 décembre 2007

Mes livres sur Amazon

  • Quelque part au début du XXIe siècle
    Les années 00 vues par 40 jeunes créateurs et observateurs québécois, dont Nicolas Dickner, Marie Hélène Poitras, Rafaële Germain, Hugo Latulippe, François Létourneau, Isabelle Blais et plusieurs autres.
  • : Dix mille choses qui sont vraies

    Dix mille choses qui sont vraies
    Recueil de mes chroniques parues dans P45 et La Presse. Tome 1, de 9901 à 10 000.

QUELQUES TEXTES, CHRONIQUES ET CHOSES DIVERSES

  • Un aperçu de mes contributions récentes à des journaux, magazines, sites web, émissions radiophoniques et autres.

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