Première utilisation d'un code du hip-hop par un futur président des États-Unis?
L'explication de Wikipédia:
On April 17, 2008, Democratic presidential hopeful Barack Obama referenced the song in gesture, in response to sharp attacks from his rival Hillary Clinton and a debate which was widely criticized for focusing on campaign gaffes. According to The Nation, Obama "told his supporters not to fret about all the "textbook Washington" drama on Thursday, recounting the superficial moderators and Hillary Clinton's attempts to 'twist the knife' on trivial issues. Then Obama made pop cultural history, miming the rapper Jay-Z's iconic hand signal to "brush the dirt" off his shoulders." When asked whether Obama was deliberately referencing the song, a campaign spokesman said, "He has some Jay-Z on his iPod."
Chaque époque a son caractère propre, résultat de l’influence combinée de facteurs aussi disparates que la situation économique, les conditions politiques, les développements techniques ou les goûts particuliers de la grosse vedette de l’heure. Consciemment ou non, nous sommes influencés par cette humeur-là––elle affecte notre attitude et notre façon de penser, nos gestes et nos décisions.
Il y aurait beaucoup à dire sur l’esprit de notre époque, mais il y a une chose en particulier qui saute aux yeux: l’excentricité n’est pas à la mode. Ça n’a pas toujours été le cas, bien sûr; il y a eu des périodes, dans l’Histoire, où c’était une qualité appréciée, et même encouragée. Mais depuis peut-être la deuxième moitié des années 1980, nous voyons d’un mauvais oeil les vêtements trop extravagants, les comportements trop fantasques, les choix de vie trop originaux. Nos audaces sont rares et nos partys sont plates. Il est quand même déconcertant, par exemple, que les jeunes de la rue d’aujourd’hui adoptent les mêmes codes et styles vestimentaires que deux générations de punks avant eux. Ça en dit long sur notre époque, que les plus marginaux d’entre nous soient aussi anticonformistes que le Lavalois moyen.
Donner une explication à ces presque 25 années de sobriété et de conformisme n’est pas évident, surtout avec les 64 mots qu’il me reste en banque. Mais peut-être qu’un élément de réponse se trouve dans la définition même d’excentricité: «Manière d’être d’une personne qui s’écarte des usages reçus». Quand, à une époque donnée, il ne semble plus y en avoir, d’usage reçu, quand tout est permis et que le marginal est la norme, est-il tentant, voire même possible, d’être excentrique? Poser la question, c’est sans doute un peu y répondre.
Nicolas Langelier
Paru dans La Presse, vendredi 18 avril 2008
Que penser du fait que David Cameron, le chef du Parti conservateur britannique, proclame son amour pour la musique de groupes comme The Smiths et The Jam, qui ont pourtant passé les années 80 à contester les politiques de son parti?
Un essai dans le Guardian d'aujourd'hui: Hands off our music!
In the wake of the IRA attack on the 1984 Conservative party conference, for example, Morrissey rather regrettably claimed that "the sorrow of the Brighton bombing is that Thatcher is still alive". By way of pointing up his lack of remorse, his first solo album, Viva Hate, featured a particularly pointed composition entitled Margaret on the Guillotine, which ran thus: "Kind people have a wonderful dream/Margaret on the guillotine/Because people like you/Make me feel so tired/When will you die?" The song has been endlessly mentioned by those who have been querying Cameron's attachment to the Smiths, but to no avail. Just lately, he was once again presented with the words during a Guardian webchat, but batted them away with a glib flourish: "The lyrics - even the ones I disagree with - are great, and often amusing."
Dans l'Observer d'aujourd'hui, Antonio Maria Costa, directeur exécutif de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime, dénonce l'insouciance des célébrités qui consomment de la cocaïne sans se soucier des dommages sociaux causés par son commerce, particulièrement en Afrique.
Within Europe in recent years, a few influential pop stars and other fashion-conscious celebrities have been at the forefront of efforts to improve living standards in Africa. Bob Geldof's Live Aid concerts and Bono's Drop the Debt campaign have been vital in raising political awareness and money to tackle the continent's economic crisis. Stopping the trade in blood diamonds and promoting fair trade with Africa have been two other favoured causes of the celebrity elite.And yet for every rebel with a cause, there are 10 others without a clue. While some well-meaning pop idols and film stars might rage against suffering in Africa, their work is being undermined by the drug habits of careless peers such as Kate Moss. For the cocaine used in Europe passes through impoverished countries in west Africa, where the drugs trade is causing untold misery, corruption, violence and instability.
Le lien: Antonio Maria Costa: Every line of cocaine means a little part of Africa dies | The Observer.
Hey, bonne année tout le monde.
Double rentrée, ce matin:
1) Le texte pour lequel j'avais fait un appel à tous ici avant les Fêtes est finalement paru dans La Presse. On peut lire ça ici. Pour ceux d'entre vous dont les suggestions ont été retenues, vous avez votre nom dans la journal (et vous êtes même name-checkés par Christiane Charette, ici!);
2) J'étais à l'émission de Christiane Charette pour parler de mon amour pour les listes et commenter le livre L'Art des listes, de Dominique Loreau, en compagnie de Marie-Claude Lortie et Marie-Claude Beaucage. Et je fait même mon coming-out en tant qu'adepte de Getting Things Done, depuis deux ans maintenant. On écoute ça ici.
Les conséquences négatives de l’embourgeoisement d’un quartier sont bien connues: spéculation immobilière, hausse des loyers, diminution de la mixité sociale, multiplication des restaurants servant une nourriture trop chère affublée d’appellations prétentieuses. Sans oublier bien sûr le risque de croiser un animateur de radio commerciale, ce qui n’est jamais un signe qu’un quartier est sur la bonne voie, culturellement parlant.
Ce dont on discute moins souvent, cependant, c’est des bénéfices de l’embourgeoisement. Du bénéfice, en fait, parce qu’il n’y en a qu’un qui compte vraiment: le café est bien meilleur.
Parce qu’à moins d’avoir la chance de vivre dans un quartier comptant une importante population originaire du pourtour méditerranéen, l’embourgeoisement est la seule façon d’échapper à la médiocrité du café canadien-français traditionnel. Tous ceux qui, par exemple, déplorent la gentrification graduelle d’Hochelaga n’ont aucun souvenir de combien il était difficile d’y boire une tasse de café décente, avant la fin des années 90. Quand votre meilleure option est le Tim Horton’s, il y a de quoi être déprimé.
Bien sûr, il y a des choses beaucoup plus importantes que le café, dans la vie. Bien sûr, l’idéal reste un quartier socialement diversifié ET capable de vous procurer une bonne tasse de café. Mais devant la nostalgie qui s’empare parfois de certains au souvenir de ce qu’était le Plateau pré-boom immobilier ou Hochelaga-Maisonneuve pré-HoMa ou la rue Masson pré-disparition des restaurants à hot dogs à tous les coins de rue, il n’est pas totalement inutile de rappeler l’infect liquide brun qu’on y buvait alors. Ce qui explique sûrement pourquoi la cocaïne y était si populaire, d’ailleurs.
Nicolas Langelier
Paru dans La Presse, vendredi 14 décembre 2007
Avant que la modernité ne vienne semer la confusion dans nos sociétés et nos petites têtes mélangées, l’arrivée de l’âge adulte était déterminée par des événements nets, tranchés, clairement ritualisés. Les aînés de votre communauté, par exemple, vous forçaient à passer trois jours et trois nuits seul dans la savane, disons, ou à marcher nu sur des tisons brûlants, ou encore à perdre votre virginité avec une prostituée syphilitique. Ou alors l’adultie venait alors que, à peine sortie de l’adolescence (un concept qui n’existait même pas, d’ailleurs), vous vous retrouviez avec des enfants, un ménage à administrer et un époux syphilitique. Au moyen-âge, l’Église catholique considérait même qu’on devenait adulte et responsable à un âge précis: 7 ans.
Aujourd’hui, on le sait, les choses sont un peu différentes. Plus que par un rite initiatique ou un anniversaire particulier, l’arrivée de l’âge adulte est dorénavant marquée par l’alignement existentiel de trois phénomènes distincts. Notez que cette combinaison peut se produire relativement tôt dans la vie, ou plus tard, ou jamais.
1 Vous commencez à garder vos reçus aux fins d’impôts
Peut-être même avez-vous un comptable.
2 Vous mettez de l’argent dans un régime enregistré d’épargne retraite
Parce qu’après une longue période de déni et/ou d’irréalisme romantique, vous avez réalisé que, selon toute vraisemblance, vous ne mourrez pas avant de devenir vieux.
3 Vos activités sociales se résument de plus en plus à des soupers et des déjeuners entre amis
Pas des soupers précédant une folle sortie dans un bar, ni des déjeuners avalés au petit matin sans avoir dormi, encore saoul ou les pupilles toujours dilatées. Non, juste un souper, ou juste un déjeuner. Après lequel vous allez vous coucher dans le premier cas, ou faire des courses dans le deuxième. N’oubliez pas vos reçus!
Nicolas Langelier
Paru dans La Presse, vendredi 7 décembre 2007
Samedi, dans le Guardian, Oliver Burkeman consacrait sa chronique hebdomadaire à A Complaint-Free World, un mouvement lancé par un pasteur américain et dont l'idée générale est de cesser de se plaindre, dans la vie. Ça semble un peu gnangnan sur les bords, mais bon, il y a des choses intéressantes là-dedans, et j'ai même vaguement envisagé la possibilité d'essayer leur défi 21-jours-sans-chialer. Peut-être que je pourrais y arriver?
Puis tout à l'heure, j'ouvre la radio. À quoi Maisonneuve consacre-t-il sa tribune téléphonique? À quel sujet cette émission qui aspire à couvrir «les événements les plus chauds de l’actualité québécoise, nationale et internationale, les questions qui mobilisent l’attention et les enjeux de société qui se multiplient dans un monde en pleine transformation» juge-t-elle nécessaire de s'attarder, aujourd'hui? Rencontre de Bali? Corruption de la classe politique? Réforme de la loi fédérale sur le droit d'auteur? Pourparlers israëlo-palestiniens? Stérilité intellectuelle et morale du Parti libéral du Canada? Non: la fête de Noël. Avec des questions fondamentales comme «Combien ça coûte, un beau gros sapin?» et «Est-ce qu'il est trop tôt pour envoyer nos cartes de Noël?».
Misère. Je dirais même: calice...
Je pense que je ne suis pas prêt pour un monde sans chialage.

La dernière édition de Zinc, la très bonne revue portée à bout de bras par Mélanie Vincelette, est consacrée aux blogues. J'y signe un texte, tout comme Christian Mistral, Pierre-Léon Lalonde, Anne Archet, Fanny Ardente/Stéphanie Neveu et plusieurs autres.