Durant mes études en graphisme, l'un des running gags consistait à chercher des opportunités d'utiliser la fameuse fonte caractéristique des menus de restaurants chinois. Bien sûr, l'occasion ne se présentait jamais, parce que la fonte en question est juste trop laide.
Slow news day... Un titre qu'on croirait tiré de The Onion, mais qu'on peut bel et bien lire sur le site de Radio-Canada.
Catherine pogonat te cherche. je resterais caché dans les toilettes si j'étais toi.
Je sais pas pourquoi, mais ça me fait vraiment rire. Je suis fatigué, je pense.
Ça vient de là: 8 messages texte qui peuvent vous sauver la vie, sur P45, qui a un spécial listes, cette semaine. Non, non, c'est pas toujours ça.
Ok, 15h55, temps d'accorder un prix spécial à la chose qui m'a fait le plus rire, en ce petit vendredi neigeux: Heureux d’un algorithme qui me chauffe la couenne, un texte de Rappaz et XKR dans l'édition d'aujourd'hui de P45. Et ce n'est pas juste parce que c'est illustré par une photo de moi où j'ai l'air con.
Mention spéciale, dans le genre vitriolique bien tourné, à un Christian Mistral inspiré. Points bonis pour l'utilisation efficace du terme «anguille humaine».
Je suis extrêmement touché que Sophie Durocher et Richard Martineau aient décidé de nommer leur enfant en mon honneur. Flatté, vraiment.
Bon, bon, éloignons-nous un peu de toutes ces considérations socio-philosophiques, si vous le voulez bien, et reposons-nous quelques instants en abordant cette chose noble et belle sur laquelle s'est bâtie ma pseudo-carrière: les niaiseries (bon, j'écris ceci, et je suis déjà conscient que cette phrase va revenir me hanter un jour, mais assumons, et continuons).
Les niaiseries, donc. J'en ai écrit beaucoup, depuis 10 ans. Et j'ai aidé beaucoup de monde à en publier. J'en suis très fier, parce que ce sont de vraies niaiseries, assumées, pas, mettons, des niaiseries déguisées en éditoriaux se voulant intelligents et réfléchis. Des niaiseries pures, donc, comme il y a de l'héroïne pure et de la, euh, laine pure. Heureusement, cependant, une fois écrites, on les oublie rapidement, ces niaiseries. C'est peut-être une sorte de mécanisme de survie psychologique, je ne sais pas. Quoi qu'il en soit, quand je retombe sur des niaiseries passées, je suis souvent fort surpris: j'avais complètement oublié l'existence de la niaiserie en question. Par exemple, j'avais complètement oublié que j'avais écrit cet essai sur la banalisation du mot pute, jusqu'à ce que Sophie Durocher me le rappelle en écrivant toutes sortes de nounouneries à son sujet, hier.
Bref, long préambule pour dire qu'une niaiserie est ressurgie de mon passé, aujourd'hui, lorsque j'ai reçu le courriel de quelqu'un (Dominic Poulin) me demandant l'autorisation d'utiliser un jeu absurde proposé dans P45 il y a cinq ans de cela. J'avais complètement oublié ce jeu, et même après être retourné dans mes archives, c'est encore très flou dans mon esprit -- qui avait eu cette idée? Je dirais Catherine Gravel, à cause de l'utilisation du mot «poumon» dans les explications, ou Gabrielle Lecomte, mais je ne sais plus.
Ah, mais mon correspondant, lui, n'avait pas oublié ce jeu. Il dit même y avoir joué abondamment avec ses amis, depuis cinq ans. En fait, et je cite, «ce jeu a un tel succès que nous aimerions le populariser et monter une soirée où le public sera appelé à y participer. Soirée qui sera mise en place et supervisée par notre compagnie théâtrale, Les Productions de la Pastèque Carrée». Incroyable, mais apparamment vrai.
À ce point-ci, beaucoup trop de paragraphes plus tard, je sais que vous mourrez d'envie de savoir en quoi il consiste, ce jeu. Eh bien il s'appelle POÈTE-1973 et, de toute évidence, c'est le jeu de l'avenir. Comment jouer, voulez-vous savoir avec trépignation? Suivez ces instructions faciles, telles que publiées dans la newsletter hebdomadaire de P45, en 2002.
«Avides de plaisirs futiles et de rires qui font mal à la face? Voici un jeu inventé pour vous par P45, de quoi meubler dignement un beau grand dimanche après-midi ou n'importe quel soir de semaine qui s'annonce plate :
POÈTE-1973
Ce jeux tout à fait nouveau et réjouissant, ne requérant que crayon, papier et un minimum de créativité, consiste à créer en un temps donné le plus minable poème sur un thème préétabli, et ceci à la manière d'un poète québécois de la décennie 70, et d'ensuite le réciter aux autres joueurs en se retenant de pisser dans nos culottes.
Voici quelques exemples pour vous aider à jouer à POÈTE-1973:
SEL
Poétesse de mon grand mardi matin de pied mouillé aux aurores
sois de joie faite de flocons en fleurs et de sel argenté grugeant tes
bottes d'impératrice des chants ambrés fuyant les steppes de
phosphore.
OUBLI
cru, de son chant et de sa chaire voilée
saignant des arbres démembrés de leur cantique mordoré
feignant l'immobile recrudescence
mourrant de s'éteindre
aux lucioles prémolaires
de l'oubli
fragmentaire
Vous comprenez? Maintenant, quelques trucs de pro pour être bon:
• Un mot en anglais bien souligné... bold... MAJUSCULE, ça a toujours un impact fou et ça donne une saveur de révolte très 70s.
• Jouer d'adjectifs inventés douteux, tels brunesque, arc-en-cielleux ou encore années-violonnantes, toujours gagnant.
•La ponctuation, les silences, les hésitation et exclamations et mots CRIÉS sont le poumon de cette poésie: usez-en pour créer la surprise et faire rire vos amis.
Ne boudez pas ce plaisant jeu: c'est facile, jouez juste une fois, vous allez être raqués le lendemain d'avoir trop ri, vous allez sourire tout seul dans l'autobus, come on... Vous n’en reviendrez pas de vos propres capacités à faire des phrases laides.
POÈTE-1973: Un jeu de poésie MODERNE™»
Arc-en-cielleux... Hahaha. À vos crayons, donc, jeunes poètes. Et je vous tiens au courant pour les détails sur la soirée de Dominic.
Je me demande ce qu'elle pense de ça, la comédienne québécoise Fanny Mallette, qu'il y ait une comédienne française qui s'appelle Fanny Valette. Ça doit être intriguant, cette presque homonymie, comme un univers de possibilités.