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NICOLAS LANGELIER

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Leadership

J’écoutais tout à l’heure les Années lumières, l’émission scientifique de Radio-Canada. On y présentait entre autres un reportage sur les jeux vidéos spécialement conçus pour «arrêter de fumer, brûler des calories, suer, maigrir, apprendre à se nourrir et, pourquoi pas, prendre un peu de muscle, le tout en s’amusant».

Encore une fois, c’est la technologie qui va venir nous sauver, croyons-nous. La responsabilisation individuelle? Les changements d’habitudes et de façons de faire? Pas besoin, quand la science est là pour voler à notre aide. Nous, individus hypermodernes, avons une confiance infinie en la technologie pour prendre en charge tous les maux de l’expérience humaine.

20080619-095516-g On a vu deux autres exemples de cette attitude, cette semaine : l’engouement gouvernemental pour les véhicules électriques, et le plan vert de Stéphane Dion.

Dans les deux cas, c’est la technologie (couplée à la technocratie, dans le cas du plan libéral) qui est perçue comme la solution à tous nos problèmes. La planète ne peut subvenir à nos besoins? Notre désir d’une croissance économique illimitée n’est pas compatible avec les ressources terrestres, qui elles sont on ne peut plus limitées? Pas grave : la technologie va nous permettre de trouver une solution.

Mais c’est une illusion, bien sûr. Encore une fois nos dirigeants nous disent ce que nous voulons bien entendre, plutôt que ce qu’ils devraient nous dire, s’ils assumaient véritablement leurs responsabilités et agissaient vraiment comme ce qu’ils prétendent être, des leaders. Parce que la vérité, c’est que nous ne pouvons plus continuer comme ça, à vouloir que l’économie et la population croissent sans cesse, à consommer toujours plus, à désirer notre propre véhicule de déplacement motorisé, à habiter toujours plus loin de notre lieu de travail, à vouloir des maisons plus grandes et des produits moins chers et des voyages en avion toujours plus fréquents. Tous les véhicules électriques et toutes les taxes du monde ne pourront compenser pour notre voracité collective.

Depuis 150 ans, la science et la technologie nous ont permis d’emprunter de façon exponentielle sur le capital des ressources de la Terre. Mais le rythme actuel n’est pas soutenable, et peu de gens osent affronter cette réalité : le capital sera bientôt à sec. Et donc la fuite en avant se poursuit, pendant que nous continuons à avoir une foi aveugle en la technologie pour venir effacer les conséquences de notre gaspillage, de notre inconscience et de notre irresponsabilité. En ce sens, nous avons les dirigeants que nous méritons, bien sûr.

Le mot du jour

Voilà un article Wikipédia qui va devoir être enrichi un petit peu: Interculturalisme

P45: des mots, de la musique, des bilans inventés

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L'équipe de P45 vous a préparé un beau petit spécial de fin d'année. Plein de choses à voir, dont un genre de revue des choses qui ne sont pas arrivées en 2007, qu'on s'est bien amusé à monter.

Et pour vous mettre dans le mood pour votre party de ce soir, les 7 chansons qui nous ont rendu heureux et nous ont fait sauter sur place comme des enfants de 4 ans, cette année.

De la nécessité du chialage

Samedi, dans le Guardian, Oliver Burkeman consacrait sa chronique hebdomadaire à A Complaint-Free World, un mouvement lancé par un pasteur américain et dont l'idée générale est de cesser de se plaindre, dans la vie. Ça semble un peu gnangnan sur les bords, mais bon, il y a des choses intéressantes là-dedans, et j'ai même vaguement envisagé la possibilité d'essayer leur défi 21-jours-sans-chialer. Peut-être que je pourrais y arriver?

Puis tout à l'heure, j'ouvre la radio. À quoi Maisonneuve consacre-t-il sa tribune téléphonique? À quel sujet cette émission qui aspire à couvrir «les événements les plus chauds de l’actualité québécoise, nationale et internationale, les questions qui mobilisent l’attention et les enjeux de société qui se multiplient dans un monde en pleine transformation» juge-t-elle nécessaire de s'attarder, aujourd'hui? Rencontre de Bali? Corruption de la classe politique? Réforme de la loi fédérale sur le droit d'auteur? Pourparlers israëlo-palestiniens? Stérilité intellectuelle et morale du Parti libéral du Canada? Non: la fête de Noël. Avec des questions fondamentales comme «Combien ça coûte, un beau gros sapin?» et «Est-ce qu'il est trop tôt pour envoyer nos cartes de Noël?».

Misère. Je dirais même: calice...

Je pense que je ne suis pas prêt pour un monde sans chialage.

Ménage pré-vacances

Plusieurs choses d'intérêt:

• La vérité sur le «piratage» canadien:

• Pour rendre ses vacances productives: How to Get Rid of Things.

• La version canadienne du projet Guttenberg, qui offre des livres libres de droits.

• Un guide de Creative Commons sur les aspects légaux de la baladodiffusion au Canada (pdf).

• Des pictogrammes pour une vie heureuse.

• Une conférence à TED sur comment le design peut nous rendre heureux.

• De TEd toujours: ça ne m'était probablement jamais arrivé auparavant, mais ce projet de Microsoft m'a vraiment impressionné.

• Un bon site canadien sur la neutralité des réseaux.

• Une animation présentant l'évolution des noms des bébé entre le 19e siècle et aujourd'hui.

• Un article du Guardian sur les impacts négatifs des éoliennes au niveau social.

L'avenir des villes, selon The Economist.

• Un projet web de Miranda July.

Voilà... Ah, et j'ai aussi mis à jour mon blogroll.

Bon mois d'août, je suis de retour en septembre!

Leçons parisiennes

Img_2845_3Est-ce que j'ai dit que j'étais à Paris depuis 10 jours? Non. Alors voilà: j'étais à Paris depuis 10 jours. Paris où c'est déjà l'été depuis un mois et où tout le monde parle de politique, par les temps qui courrent, jusqu'aux chauffeurs de taxi qui, à 3h du matin, vous entretiennent des dangers de Sarkozy. Avec comme résultat l'important taux de participation d'aujourd'hui. Certains analystes ont parlé d'un regain d'intérêt des Français pour la politique, d'une certaine fin de l'apathie -- mais, plus probablement, c'est Sarkozy qui est le seul responsable de ce regain d'intérêt. De la même manière, par exemple, que beaucoup plus de gens vont aller voter, aux prochaines élections québécoises, si les sondages donnent à Mario Dumont des chances d'être élu... Voter pour ou voter contre, mais voter. D'ailleurs, vous pouvez être certains que l'ADQ va étudier avec beaucoup d'attention les recettes de la victoire de Sarkozy...

Ah, mais il n'y a pas juste la politique, dans la vie. Qu'ai-je appris d'autre, durant mon séjour à Paris? Cinq choses:

1) Si on fie sur ce qu'on voit à Paris en ce moment, l'été 2007 sera le plus décolleté depuis le néolithique;
2) Justine Levy ne fait la bise qu'aux filles, pas aux garçons;
3) Françoise Hardy et Jacques Dutronc sont des partisans de Sarkozy;
4) Dans les soirées, un nombre étonnant de fluokids français ont un faible pour les lunettes à la Run DMC;
5) Diplo qui termine son set avec un remix de Young Folks, c'est très très bon.

Le fascisme en 10 étapes faciles

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Les descriptions d’une fascisation croissante des Etats-Unis se font de plus en plus nombreuses, depuis environ deux ans, et surtout de plus en plus sérieuses et crédibles. Plusieurs analystes voient dans les différentes mesures mises en place par l’administration Bush depuis le 11-Septembre autant de pas vers la tyrannie. Et on ne parle par d'obscures conspirationnistes, ici: le très respecté magazine Harper’s, entre autres, a à plusieurs reprises etayé cette thèse; l’excellente série documentaire The Power of Nightmares, de la BBC, avançait des allégations semblables; etc.

Aujourd’hui, dans le Guardian, c’est l’auteure américaine Naomi Wolf qui explique comment, à son avis, l’administration Bush a recours aux mêmes tactiques que les fascistes ont historiquement utilisées pour usurper les régimes démocratiques :

1) Agiter le spectre d’un terrifiant ennemi extérieur et intérieur;
2) Créer un goulag;
3) Développer une caste de voyous;
4) Mettre sur pied un système de surveillance interne;
5) Harceler les groupes de citoyens;
6) Avoir recours à des détentions arbitraires;
7) Cibler des individus-clés;
8) Contrôler la presse;
9) Faire équivaloir dissension et trahison;
10) Suspendre l’état de droit.

Le texte complet est ici: Fascist America, in 10 easy steps . À lire.

2006 en 23 leçons

Bilde_3Bilde1Dans La Presse d'aujourd'hui, je signe la revue de l'année du cahier Actuel. J'ai fait ça sous la forme des 23 choses qu'on a apprises cette année. Ça va du plus sérieux («Un dessin peut causer une émeute meurtrière») au plus léger («Le placenta humain a un petit goût de boeuf»), en passant par le commentaire social controversé («Un nombre étonnant de membres de la soi-disant "génération Passe-Partout" souffrent de nostalgie maladive») et les seins de Scarlett Johansson.

Supplément d'information pour vous, personnes de l'année

1101061225_120Le magazine Time a donc décrété que vous (lire «usagers du web 2.0») étiez la personne de l'année. Bravo à vous, donc. À lire entre autres dans le dossier, un texte de Steven Johnson sur la montée de l'amateurisme, au sens positif du terme (c'est entre autres un des aspects bénéfiques d'Internet dépeint dans The Long Tail, dont j'ai parlé plus tôt cet automne). Johnson déplore entre autres le fait que, jusqu'à maintenant, l'attention médiatique sur ce phénomène se soit surtout attardée au journalisme et à Wikipédia.

If you read through the arguments and Op-Eds over the past few years about the impact of Web amateurism, you'll find that the debate keeps cycling back to two refrains: the impact of blogging on traditional journalism and the impact of Wikipedia on traditional scholarship. In both cases, a trained, institutionally accredited elite has been challenged by what the blogger Glenn Reynolds called an "army of Davids," with much triumphalism, derision and defensiveness on both sides.

This is a perfectly legitimate debate to have, since bloggers and Wikipedians are likely to do some things better than their professional equivalents and some things much worse, and we may as well figure out which is which. The problem with spending so much time hashing out these issues is that it overstates the importance of amateur journalism and encyclopedia authoring in the vast marketplace of ideas that the Web has opened up. The fact is that most user-created content on the Web is not challenging the authority of a traditional expert. It's working in a zone where there are no experts or where the users themselves are the experts.

Il cite en exemple son projet outside.in (mon entrée là-dessus ici) comme un indice de la direction que prendra le web, au cours des prochaines années.

***

Autres commentaires sur la décision de Time

Bruno G
Patrick

Grosse semaine pour le bonheur

Dans son édition de juillet, le magazine américain Harper’s nous apprend que, selon une nouvelle étude, la meilleure façon de mesurer le bonheur des gens est de… hmm, leur demander s’ils sont heureux (fallait y penser, vraiment). Alors Actuelités vous pose la question, lecteur: êtes-vous heureux?

Poursuivons notre démarche scientifique, en ajoutant toutefois un élément nouveau: selon une autre étude, au néolithique, les habitants des îles britanniques avaient une chance sur quatorze de mourir le crâne défoncé. Alors, lecteur, n’êtes-vous pas encore un tout petit peu plus heureux, à l’idée que le monde moderne, malgré ses désagréments évidents (stress, pollution, festival Juste pour rire), n’en réduise pas moins de manière significative le risque de connaître une fin horrible, la tête écrapoutie par un objet contondant?

Très bien, autre élément: la Presse Canadienne rapportait cette semaine l’histoire d’une résidante de West Vancouver qui eut l’étrange surprise, en entrant dans sa cuisine, d’y trouver un ours en train de déguster joyeusement du gruau. Oui, pareil comme dans Boucle d’or. Apparemment, l’ours termina tranquillement sa collation, puis regagna le chemin boisé par où il était arrivé. Alors voilà: un monde où les morts violentes par objet contondant et mal désinfecté sont relativement rares et où même les ours font de leur mieux pour se conformer aux scénarios bien établis de la culture populaire ne provoque-t-il pas en vous un immense sentiment de bonheur?

On vous laisse réfléchir à tout ça. Pendant ce temps, Actuelités termine ceci, puis s’engagera à son tour sur un chemin boisé, où il passera l’été à se gaver de fruits sauvages et de touristes imprudents. Bonnes vacances.

Paru dans le cadre de la chronique Actuelités, La Presse, vendredi 23 juin 2006

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