« Chronique magazines à Christiane Charette | Accueil | À propos des ententes AJIQ—Gesca/CEDROM-SNi »

Commentaires

Émilie P.

Tout ça est très intéressant. Mais ayant lu Walter Ong (Orality and Literacy) dans les derniers jours, je réagis particulièrement à cette phrase :

« By surrendering my natural rhythms to the immediacy of my networks, I am optimizing myself and my thinking to my technologies — rather than the other way around. »

Ong était étudiant de McLuhan et son livre expose les transformations dans les cultures et les façons de penser mêmes des sociétés selon qu'elles sont/étaient orales, écrites, imprimées ou (c'était écrit en 1982) électroniques. Pour lui (et il est assez convaincant), nos façons de raisonner ou de raconter dépendent de ce que l'on est une société écrite — et imprimée. On ne se rend pas compte de tout ce qu'a changé l'écriture, parce que ça nous semble tout simplement « naturel ».

C'est pourquoi cette citation sur les « natural rythms » m'a frappée : qu'est-ce qui est notre rythme naturel? N'avons-nous pas toujours « optimisé notre façon de penser à nos technologies »? Comment cela pourrait-il être « the other way around » alors que nous naissons dans la technologie et ne savons donc pas ce que sont nos « rythmes naturels », les rythmes qui ne dépendent pas des technologies de communication ni d'aucun autre élément de vie en société?

Internet est certes un bouleversement majeur dans nos vies, et de façon sans doute plus abrupte que n'importe quelle autre technologie de communication jusque-là, ce qui fait qu'elle bouleverse les façons de penser et d'agir des personnes - et non pas seulement des sociétés. C'est peut-être son aspect particulièrement déstabilisant et angoissant. J'avoue que je suis intriguée par ce dont tout ça aura l'air dans 50 ans. Mais je pense qu'il ne faut pas faire l'erreur de croire que l'écriture est notre mode « naturel » de fonctionner en tant qu'humains. (Un raisonnement sur lequel s'appuient certains arguments contre le livre électronique, d'ailleurs.)

Mais bon, la longueur de ce commentaire montre que je ne me suis pas encore adaptée. :)

Nicolas Langelier

Bon point: c'est certain que ce qui nous semble naturel évolue en fonction de notre expérience et de nos apprentissages.

Mais en même temps, il me semble que, pour vraiment bien penser, créer et travailler, nous aurons toujours besoin d'un «espace mental» suffisant, de même qu'assez de temps pour vraiment approfondir nos idées et nos sensations. Et c'est cet espace et ce temps que viennent gruger Internet, et tout particulièrement le web en temps réel.

Je suis convaincu qu'il est impossible de penser correctement (voire même rester sain d'esprit) quand un bip vient nous annoncer à toutes les 15 secondes qu'un nouveau tweet ou courriel vient d'arriver... Malheureusement, trop de gens sont en train de commencer à considérer tout cela non seulement comme acceptable, mais comme naturel...

L'utilisation des commentaires est désactivée pour cette note.

Mes livres sur Amazon

Sur Twitter

    follow me on Twitter