Une grande bataille s'organise en ce moment pour protéger ce qu'on appelle la neutralité des réseaux (network neutrality). En gros, ce concept fait référence à la propriété des réseaux de communications, à l'ère d'Internet. À qui appartiennent-ils? À nous, usagers, citoyens, payeurs de taxes? Ou aux entreprises qui ont construit ces réseaux, au sens physique du terme: les compagnies de téléphone, de câble, etc.?
Ces dernières, évidemment, commencent à faire valoir que ces réseaux leurs appartiennent, et qu'elles ont donc la possibilité de contrôler ce qui s'échange sur ces réseaux, et ce qu'il faut payer pour y avoir accès. Et à une époque où les gouvernements, aux États-Unis comme au Canada, ont tendance à favoriser la libre-entreprise et la propriété privée, le danger est réel qu'elles obtiennent ce qu'elles veulent.
Pourquoi, «le danger»? C'est une question qui semble complexe, mais prenez le temps de voir ce vidéo, qui résume très bien la question. Le titre est plutôt éloquent: Humanity Lobotomy.
Pour résumer de manière très grossière: celui qui contrôle les réseaux de communication contrôle aussi la communication elle-même. Voulons-nous un Internet contrôlé par des entreprises privées comme AT&T, Bell ou Vidéotron, ou un Internet qui serait plutôt la propriété commune de tous les citoyens? Autrement dit: voulons-nous courir le risque qu'il se produise avec Internet ce qui s'est passé avec les journaux, la radio, la télé, et qu'il devienne un média unidirectionnel, où la participation citoyenne serait limitée, voire impossible? Ultimement, ce qu'il y a au coeur de la bataille pour protéger la neutralité des réseaux, c'est une bataille pour protéger non seulement la vitalité de notre culture, mais aussi la démocratie elle-même.
Le vidéo raconte les choses d'un point de vue états-unien, mais la situation est très similaire au Canada. Neutrality.ca explique ce qui se passe actuellement ici; allez voir entre autres ce que nos amis de Vidéotron essaient de faire.
Que faire, si la neutralité des réseaux nous tient à coeur? Neutrality.ca propose plusieurs possibilités d'actions:
• Écrire à notre député;
• Écrire au CRTC;
• Transférer notre connection Internet à un réseau neutre;
• Signer la pétition qui se trouve sur le site;
• S'impliquer, informer les gens autour de nous;
• Protester.
Un dossier à suivre de très près.





Oh... Ça fait peur...
Rédigé par : Martin | 25 février 2007 à 17:39
"• Transférer notre connection Internet à un réseau neutre;"
vous pouvez aussi vous abonner à internet avec le fournisseur "internet Uqam"
http://internet.uqam.ca/
L'argent de l'abonnement sert à financer des projets universitaires.
C'est quand même mieux que viéotron ou Bell.
GL
Rédigé par : Guillaume Lamy | 25 février 2007 à 19:33
En effet!
Voilà peut-être un des enjeux les plus importants quant aux nouvelles conditions de transmission du savoir. En fait on est exactement dans ce qu'anticipait J-F Lyotard à la fin des années 70 avec "La condition postmoderne". (...) " Le rapport des fournisseurs et des usagers de la connaissance avec celle-ci tend et tendra à revêtir la forme que les producteurs et les consommateurs de marchandise ont avec ces dernières, c'Est-à-dire la forme de valeur. Le savoir est et sera produit pour être vendu, et il sera consommé pour être valorisé dans une nouvelle production; dans les deux cas, pour être échangé. Il cesse d'être à lui-même sa propre fin, il perd sa valeur d'usage".
Cette instrumentalisation de la connaissance, aux mains de débiles mentaux de l'ordre établi comme ceux qui dirigent les grandes firmes "propriétaire" de réseaux fait craidre le pire. D'une part on peu se poser deux questions; qui aura les moyens de savoir? Et qu'est ce que ceux qui auront les moyens de nous laisser savoir voudront bien, justement, nous laisser savoir.
L'image de la pieuvre semble réaliste. Et ce n'est pas d'être paranoïaque que d'être inquiet...
À suirrre...
Rédigé par : Patrick Neault | 26 février 2007 à 18:56