Des débuts de l’humanité jusqu’à tout récemment, quand un objet brisait, on le réparait. Ou on payait quelqu’un pour le réparer à notre place, si cela exigeait des qualifications techniques particulières. Si notre culotte se déchirait, par exemple, on la recousait. Si notre semelle se brisait, on allait voir le cordonnier. Si notre horloge se déréglait, un horloger pouvait la réparer pour un prix raisonnable. En plus d’être financièrement intéressante et environnementalement judicieuse, cette pratique avait l’avantage de procurer un agréable sentiment de satisfaction, à l’idée que quelque chose qui était brisé était maintenant réparé, et pouvait continuer à servir. Ce sentiment était exacerbé si vous aviez vous-même effectué la réparation, et encore plus exacerbé si vous étiez un homme, et pouviez pour l’opération utiliser un de vos outils.
Mais voilà qu’au cours des vingt dernières années, nous avons progressivement perdu l’habitude de réparer nos choses. Peut-être à cause de l’obsolescence programmée par les fabricants, qui inscrit dans la conception même de l’objet sa durée de vie, et rend donc futile (ou du moins très onéreuse) toute tentative de la prolonger. Il y a aussi la mondialisation de l’économie, qui nous procure des objets neufs si peu dispendieux que les réparateurs des pays développés ne peuvent rivaliser, en terme de tarif. Ajoutons à ça un peu de paresse de notre part, sans doute, mais surtout un amour si grand du magasinage que nous sommes souvent très heureux, quand un objet brise, d’avoir un prétexte pour aller en acheter un plus neuf, plus beau.
Par ailleurs, il est possible que notre tendance à la réparation se soit juste déplacée, et qu’elle se concentre aujourd’hui sur quelque chose que, jusqu’à tout récemment, il était impossible de réparer de manière satisfaisante: notre corps. Les motifs peuvent être médicaux (coeur, hanche, vision, etc.) ou purement esthétiques (seins, rides, cuisses, etc.), mais le résultat est le même: il y a de moins en moins de réparateurs, et de plus en plus de médecins. Le sein, mesdames et messieurs, est le nouveau grille-pain.
Nicolas Langelier
Paru dans La Presse, mardi 27 février 2007
Le sujet de ma chronique à Bazzo.tv cette semaine: les parents hipster. Les trentenaires actuels sont en train de redéfinir ce que c’est qu’être adulte. C’est vrai dans tous les aspects de leur vie et donc, aussi, dans l’éducation de leurs enfants. En ce moment, dans les médias anglophones, on parle beaucoup de ce qu’on appelle les parents hipster: une sous-culture, à l’intérieure de cette génération, composée de parents bien décidés à ce que leurs enfants soient aussi cool qu’eux.
Une grande bataille s'organise en ce moment pour protéger ce qu'on appelle la neutralité des réseaux (network neutrality). En gros, ce concept fait référence à la propriété des réseaux de communications, à l'ère d'Internet. À qui appartiennent-ils? À nous, usagers, citoyens, payeurs de taxes? Ou aux entreprises qui ont construit ces réseaux, au sens physique du terme: les compagnies de téléphone, de câble, etc.?
Ces dernières, évidemment, commencent à faire valoir que ces réseaux leurs appartiennent, et qu'elles ont donc la possibilité de contrôler ce qui s'échange sur ces réseaux, et ce qu'il faut payer pour y avoir accès. Et à une époque où les gouvernements, aux États-Unis comme au Canada, ont tendance à favoriser la libre-entreprise et la propriété privée, le danger est réel qu'elles obtiennent ce qu'elles veulent.
Pourquoi, «le danger»? C'est une question qui semble complexe, mais prenez le temps de voir ce vidéo, qui résume très bien la question. Le titre est plutôt éloquent: Humanity Lobotomy.
Pour résumer de manière très grossière: celui qui contrôle les réseaux de communication contrôle aussi la communication elle-même. Voulons-nous un Internet contrôlé par des entreprises privées comme AT&T, Bell ou Vidéotron, ou un Internet qui serait plutôt la propriété commune de tous les citoyens? Autrement dit: voulons-nous courir le risque qu'il se produise avec Internet ce qui s'est passé avec les journaux, la radio, la télé, et qu'il devienne un média unidirectionnel, où la participation citoyenne serait limitée, voire impossible? Ultimement, ce qu'il y a au coeur de la bataille pour protéger la neutralité des réseaux, c'est une bataille pour protéger non seulement la vitalité de notre culture, mais aussi la démocratie elle-même.
Le vidéo raconte les choses d'un point de vue états-unien, mais la situation est très similaire au Canada. Neutrality.ca explique ce qui se passe actuellement ici; allez voir entre autres ce que nos amis de Vidéotron essaient de faire.
Que faire, si la neutralité des réseaux nous tient à coeur? Neutrality.ca propose plusieurs possibilités d'actions:
• Écrire à notre député;
• Écrire au CRTC;
• Transférer notre connection Internet à un réseau neutre;
• Signer la pétition qui se trouve sur le site;
• S'impliquer, informer les gens autour de nous;
• Protester.
Le sujet de ma chronique à Bazzo.tv cette semaine: La vie privée est-elle une notion en voie d’extinction? Certains diront qu’elle est déjà éteinte. Il y a bien sûr toutes les informations qu’on laisse derrière nous de manière plutôt involontaire: nos achats, par exemple, nos apparitions dans des caméras de surveillance, notre histoire de crédit, etc. Mais ce n’est pas de cela dont je parle dans cette chronique. Ce dont je parle, ce sont des informations que de plus en plus, nous laissons volontairement derrière eux, sur Internet, en particulier sur les plateformes de réseautage social (MySpace, Flickr, et le reste, auxquels on pourrait ajouter les blogues, les forums de discussion, etc.). Les plus vieux d’entre nous peuvent y voir une perte, le déclin d’une certaine forme d’intimité. Mais, pour les plus jeunes, il en est tout autrement, eux qui se donnent avec abandon à ce grand striptease informationnel.
Aussi: la fin des cuisines à aire ouverte, et les chants de baleine.
Un très beau vidéo résumant ce qu'est le web 2.0, réalisé par Michael Wesch, de l'université Kansas State. Ça s'appelle Web 2.0 ... The Machine is Us/ing Us.
Quelque part au début du XXIe siècle Les années 00 vues par 40 jeunes créateurs et observateurs québécois, dont Nicolas Dickner, Marie Hélène Poitras, Rafaële Germain, Hugo Latulippe, François Létourneau, Isabelle Blais, Fanny Britt, Evelyne de la Chenelière, Stéphane Lafleur, Otarie et plusieurs autres.
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Il y a souvent quelque chose de presque mystique, dans le fait d'être tombé sur un livre précis à un moment précis de notre vie.
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Il y a souvent quelque chose de presque mystique, dans le fait d'être tombé sur un livre précis à un moment précis de notre vie.
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