Ce doit être une bien triste chose, que de se sentir inutile, non-désiré, de trop. D’avoir l’impression que, dans la grande marche de l’humanité, nous avons été relégués à la queue, parce que le monde a changé, et que dans ce monde nouveau, nous ne servons absolument à rien. C’est un peu ainsi que doit se sentir le magnétophone à cassettes. Ou Marie Eykel.
Et c’est aussi ce sentiment qui doit habiter les effectifs de la marine serbe, ses 5 000 marins, ses 900 Marines, ses huit sous-marins tactiques, ses trois frégates, ses 31 navires de patrouille. C’est que les citoyens du Monténégro ont cette semaine choisi de se séparer de la Serbie, faisant du même coup perdre à cette dernière son accès à la mer. La Serbie se retrouve donc avec une marine, mais plus de mer pour la mettre dedans. Ce qui est un problème, vous en conviendrez.
Ayons donc une pensée pour le marin serbe, ce navigateur sans mer, cet homme sans but, ce Dominic sans Martin. Et croisons les doigts de ne pas la perdre, notre mer à nous.
Paru dans le cadre de la chronique Actuelités, La Presse, samedi 27 mai 2006






Hehehe pas mal bon comme observation !
Rédigé par : brem | 27 mai 2006 à 12:50