Cher Actuelités,
Suis-je le seul à faire une véritable obsession de ma lutte contre les petites roches épandues l’hiver sur les trottoirs? Suis-je le seul à réfléchir beaucoup trop souvent à de nouveaux moyens de prévenir leur intrusion chez moi, ou, le cas échéant, de les empêcher de se répandre dans toutes les pièces de mon appartement, et même, une fois, dans le système digestif de mon chat? Que faire?
Jean-Carl Bonin, Montréal
D’abord, Jean-Carl, rassurez-vous : non, vous n’êtes pas le seul. Oui, vous êtes le seul à le révéler publiquement, dans l’édition du samedi du plus grand quotidien français d’Amérique, ce qui permettra à vos parents, amis et collègues de se poser de sérieuses questions sur vous, et à vos anciens camarades d’école, ceux que vous n’avez pas vus depuis 20 ans, de soupçonner que la vie n’a pas été tendre à votre égard, mais l’important, c’est que vous n’êtes pas le seul. Cela dit, il n’y a qu’une chose à faire : accepter que, dans l’épique bataille entre elles et vous, les petites roches vont toujours gagner, car infiniment plus nombreuses, et beaucoup plus dures. Aussi bien hisser tout de suite le drapeau blanc, et consacrer vos énergies à des choses plus importantes. Comme la baladodiffusion, par exemple. Ou la recherche sur les applications commerciales possibles de la gomme d’arbre.
Paru dans le cadre de la chronique Actuelités, La Presse, samedi 14 janvier 2006






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