
Pour ceux qui auraient envie de quelque chose de plus substantiel, après l'insupportable overkill des médias montréalais autour de la venue de U2 (pourquoi? Pourquoi une réaction aussi démesurée? U2 est un groupe rock correct, d'accord, mais un certain talent pour les chansons épiques et les riffs de guitare justifie-t-il tout ce tapage? C'est complètement disproportionné, comme couverture), si vous avez envie de quelque chose de plus substantiel, donc, et de moins désespérant quant au jugement et au sens des priorités de nos décideurs médiatiques, mettez la main sur le numéro en kiosque de Harper's, où on retrouve entre autres un fascinant essai sur Jésus, tel qu'on le découvre dans l'évangile de Thomas, qui avait été détruit par les premiers pères de l'Église. Pourquoi ont-ils tenté de le faire disparaître? Parce que le Jésus que nous présente Thomas est bien différent de celui de Paul, Jean ou Marc : un Jésus anti-autorité, qui ne fait pas de miracles, ne croit pas à un paradis céleste, ni dans les péchés et la dichotomie bien/mal, ne dédaigne pas les plaisirs charnels et dont la philosophie se rapproche beaucoup plus des religions orientales que du christianisme tel qu'on le pratique depuis 2000 ans. À noter: l'évangile de Thomas serait le premier à avoir été écrit, et donc le plus près de la réalité...

Of Montreal nous a concocté un charmant vidéo en animation, pour sa chanson 

La Presse faisait hier la une de son cahier Arts et spectacles avec l'important débat autour du projet de Google de numériser 15 millions de livres d'ici six ans. Malheureusement, le «dossier» annoncé passe à côté de la question fondamentale au coeur du débat entre Google (et le public en général) et les éditeurs et auteurs américains (et, possiblement, canadiens) : le bien commun, sous la forme de l'usage équitable (fair use). L'usage équitable, c'est la notion légale qui permet la reproduction d'une oeuvre, selon certaines conditions, dans certaines circonstances. Les ayants droits (les éditeurs, les auteurs et leurs héritiers) affirment que Google, avec son projet, outrepasse ce qui peut être considéré comme un usage équitable de leurs oeuvres, et souhaiteraient donc obtenir des compensations financières. Ce qui est une pente très dangereuse, dans un monde numérique : le risque, c'est que les détenteurs de droits en arrivent à avoir main mise sur tous les aspects de la culture. Au détriment de tous, bien sûr, à commencer par les créateurs eux-mêmes. Les droits d'auteur, c'est bien beau et assurément important, mais si leur multiplication dans des endroits qui relevaient autrefois du domaine public en vient à paralyser toute notre culture, qui y gagne? C'en est enrageant. Espérons que le milieu québécois du livre prendra une position plus éclairée sur la question. 





Les commentaires récents
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Il y a souvent quelque chose de presque mystique, dans le fait d'être tombé sur un livre précis à un moment précis de notre vie.
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