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NICOLAS LANGELIER

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J'ai récemment ajouté une corde à l'étrange patente à gosse qui me sert d'arc en écrivant un numéro pour une jeune humoriste talentueuse et maskoutaine, Isabelle Ménard. La première de son premier spectacle solo a eu lieu mardi, et ça s'est super bien passé. Il reste deux représentations: mardi prochain (20 mai) et le mardi suivant (27). C'est au Petit Medley, et c'est seulement 10$. Les billets sont en vente sur Admission.

Isabelle sera d'ailleurs à Christiane Charette demain (vendredi) matin.

Mon nouveau magazine préféré

Lq_money_cover_smallJe ne sais pas trop ce qui s'est passé dans ma vie au cours des derniers mois, mais une chose est sûre: nombre de magazines achetés > temps passé à lire des magazines. Si bien que je croule aujourd'hui sous les magazines non lus, à un point tel que je suis tenté de déclarer une faillite magazines, mettre tout ça au recyclage, et repartir à zéro avec les éditions de juin. Mais il y a trop de choses que je veux lire là-dedans, des Adbusters, XXI, Believer, Harper's, Walrus et autres, et donc je n'aurai d'autre choix cet été que d'annuler mes vacances et m'enfermer pour trois semaines dans un garde-robe avec ma pile de magazines et une lampe frontale.

Mais mes problèmes de gestion de l'information n'étaient pas l'objet du présent billet. Je voulais plutôt parler de mon nouveau magazine préféré: Lapham's Quarterly. Lapham comme dans Lewis Lapham, extraordinaire essayiste et ancien rédacteur en chef de Harper's. C'est lui qui a lancé l'automne dernier ce trimestriel dont chaque numéro est consacré à un thème particulier: le premier (hiver 2008), que je viens de finir, était consacré à la guerre; le deuxième (printemps) tourne autour de l'argent. La particularité, c'est que la vaste majorité des textes qu'on y retrouve ont été écrits par des gens morts depuis longtemps: Aristote, Mark Twain, Marx, McLuhan, Byron, Senèque, Virginia Woolf et des dizaines d'autres. Quelques auteurs contemporains complètent le contenu du magazine.

Le concept de Lapham's Quarterly, c'est que ces thématiques au coeur de l'actualité trouvent un éclairage nouveau avec l'apport de ces textes choisis avec soin dans le grenier de l'histoire. Et ça fonctionne totalement, bien mieux qu'aucun magazine contemporain n'y arrive. À un point tel qu'on en arrive vraiment à se demander pourquoi on n'envoit pas tous nos insignifiants «analystes» actuels (la liste est interminable, bien sûr, mais je me contenterai de ceci: Donald Cuccioletta) au chômage immédiat.

Mais c'est l'un des principaux problèmes de la modernité, évidemment, qu'on en est venus à croire que notre époque est tellement unique, nos circonstances si nouvelles, que le passé ne peut nous aider à comprendre le présent. Grave erreur, bien sûr, et c'est ce que vient nous rappeler de brillante façon le Lapham's Quarterly.

De l'utilisation du mot «Yesss!»

Logo_main_2C'est aujourd'hui qu'étaient annoncés les finalistes pour la 31e édition des Prix du magazine canadien, qui récompensent les meilleurs journalistes, photographes et directeurs artistiques de magazines au pays. Et De l’utilisation du mot pute par la jeune femme moderne, mon essai publié l'automne dernier dans L'actualité, est en nomination dans la catégorie Essais. C'est d'ailleurs le seul texte en français nominé dans cette catégorie cette année.

Les gagnants seront dévoilés à Toronto le 6 juin. D'ici là, j'en profite pour remercier à nouveau L'actualité, ainsi que les anciennes de La Vie en rose, qui m'ont permis d'écrire ce texte en m'accordant leur bourse 2007.

Obama balaie les haters

Première utilisation d'un code du hip-hop par un futur président des États-Unis?

L'explication de Wikipédia:

On April 17, 2008, Democratic presidential hopeful Barack Obama referenced the song in gesture, in response to sharp attacks from his rival Hillary Clinton and a debate which was widely criticized for focusing on campaign gaffes. According to The Nation, Obama "told his supporters not to fret about all the "textbook Washington" drama on Thursday, recounting the superficial moderators and Hillary Clinton's attempts to 'twist the knife' on trivial issues. Then Obama made pop cultural history, miming the rapper Jay-Z's iconic hand signal to "brush the dirt" off his shoulders." When asked whether Obama was deliberately referencing the song, a campaign spokesman said, "He has some Jay-Z on his iPod."

Dix mille choses qui sont vraies

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L’excentricité n’est plus à la mode

Chaque époque a son caractère propre, résultat de l’influence combinée de facteurs aussi disparates que la situation économique, les conditions politiques, les développements techniques ou les goûts particuliers de la grosse vedette de l’heure. Consciemment ou non, nous sommes influencés par cette humeur-là––elle affecte notre attitude et notre façon de penser, nos gestes et nos décisions.

Il y aurait beaucoup à dire sur l’esprit de notre époque, mais il y a une chose en particulier qui saute aux yeux: l’excentricité n’est pas à la mode. Ça n’a pas toujours été le cas, bien sûr; il y a eu des périodes, dans l’Histoire, où c’était une qualité appréciée, et même encouragée. Mais depuis peut-être la deuxième moitié des années 1980, nous voyons d’un mauvais oeil les vêtements trop extravagants, les comportements trop fantasques, les choix de vie trop originaux. Nos audaces sont rares et nos partys sont plates. Il est quand même déconcertant, par exemple, que les jeunes de la rue d’aujourd’hui adoptent les mêmes codes et styles vestimentaires que deux générations de punks avant eux. Ça en dit long sur notre époque, que les plus marginaux d’entre nous soient aussi anticonformistes que le Lavalois moyen.

Donner une explication à ces presque 25 années de sobriété et de conformisme n’est pas évident, surtout avec les 64 mots qu’il me reste en banque. Mais peut-être qu’un élément de réponse se trouve dans la définition même d’excentricité: «Manière d’être d’une personne qui s’écarte des usages reçus». Quand, à une époque donnée, il ne semble plus y en avoir, d’usage reçu, quand tout est permis et que le marginal est la norme, est-il tentant, voire même possible, d’être excentrique? Poser la question, c’est sans doute un peu y répondre.

Nicolas Langelier
Paru dans La Presse, vendredi 18 avril 2008

La CPVI du vendredi

Catherine pogonat te cherche. je resterais caché dans les toilettes si j'étais toi.

Je sais pas pourquoi, mais ça me fait vraiment rire. Je suis fatigué, je pense.

Ça vient de là: 8 messages texte qui peuvent vous sauver la vie, sur P45, qui a un spécial listes, cette semaine. Non, non, c'est pas toujours ça.

Blogue londonien

Ça faisait un moment que je voulais en parler, mais les choses ayant été un peu chaotiques à mon bout des internets, j'ai tardé –– alors voilà: mon amie Mali Ilse Paquin tient depuis un mois, sur Cyberpresse, un blogue sur Londres et la Grande-Bretagne, où elle est basée depuis quelques années en tant que journaliste indépendante. Elle fait ça avec une belle régularité, d'ailleurs, avec au moins un billet par jour.

Alors donc, Mali live from Lahndahn tahn, c'est par ici.

***

Oh, et si vous vous demandez pourquoi il n'y a pas de Chose vraie dans La Presse ce matin... Ça a apparemment sauté pour cause de gros feature sur le recyclage de pochettes de disques. Whatevah, comme on dit à Londres.

À propos de la critique et de l'amour

Pour leur section Opinions, les gens de Bande à part m'ont demandé un court texte sur le rôle et les responsabilité de la critique. La commande fait suite à une certaine controverse qui s'est déroulée sur leur site, après que le slammeur Ivy se soit plaint d'une critique de Tony Tremblay.

On peut lire mon texte ici.

Le titre de chanson de la semaine

Le titre de chanson de la semaine: A Tell-Tale Penis (mp3), tirée du nouvel album de Joan of Arc. À ne pas confondre avec The Tell-Tale Heart, bien sûr, ni avec un pénis tout court.

Dix mille choses qui sont vraies

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On peut le sentir dans notre coeur, quand c’est le printemps

Avons-nous un calendrier interne, de la même manière que nous avons par exemple une horloge mentale qui nous permet d’ouvrir les yeux douze secondes avant que le cadran ne sonne, ou un sens de l’équilibre si fort qu’il sera impossible de dormir, si nous avons disposé notre tente de telle façon que notre tête est huit millimètres plus basse que nos pieds? Je ne sais pas, et Google ne veut pas me le dire. Mais j’imagine que oui. Après tout, si les animaux savent instinctivement à quel moment de l’année ils doivent s’accoupler ou migrer ou amasser des réserves pour la saison froide, je ne vois pas pourquoi nous, humains, n’aurions pas une fonction semblable. La télé et les micro-ondes ne peuvent pas nous avoir mêlé tant que ça, quand même.

Ça expliquerait bien des choses, en tout cas. Dont ce sentiment qui nous envahit subitement, aux alentours du 8 mars, et se résume en trois mots: c’est le printemps. Une espèce d’excitation diffuse, de picotement dans les pieds ou le ventre, un désir de marcher un peu plus vite et de parler un peu trop fort et d’embrasser quelqu’un, genre , maintenant. Un sentiment presque identique à celui des printemps de notre adolescence, d’ailleurs, et qui fait qu’il nous prend souvent l’envie, certains jours de mars ou d’avril, d’écouter une chanson sortie tout droit de nos 16 ans.

Et ce phénomène est si puissant qu’il sera perceptible même si le printemps à proprement parler est toujours enseveli sous trois pieds de neige, et que l’hiver semble bien parti pour se prolonger jusqu’à la Fête de la Reine. C’est peut-être à cause de la lumière, ou de la position des astres, ou de la fin de la saison régulière de hockey. Mais l’explication n’a pas vraiment d’importance : ce qui compte, c’est que ce sentiment existe, et que nous pouvons toujours le ressentir, après toutes ces années, et que, à notre plus grand soulagement, tout est donc encore possible.

Nicolas Langelier
Paru dans La Presse, vendredi 4 avril 2008

La lutte contre l'autoroute Notre-Dame se poursuit

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Est-ce que ça sert à quelque chose les marches, les pétitions, les groupes Facebook? Parfois oui, parfois non. Mais le problème, c'est que lorsque le processus démocratique est escamoté, c'est la seule véritable option pour les citoyens qui veulent se faire entendre.

Le gouvernement du Québec et la Ville de Montréal continuent d'aller de l'avant avec leur projet de transformation de la rue Notre-Dame en autoroute, et ce malgré une forte opposition citoyenne et le fait que ce projet va à l’encontre de la Loi québécoise sur le développement durable et du Plan stratégique de développement durable de la Ville.

Dans ce contexte, tous les moyens sont bons pour manifester notre désaccord face à ce projet qui va à contre-courant des règles élémentaires de l'urbanisme et du développement durable, au 21e siècle. Il y aura une marche ce dimanche: elle partira du métro Papineau à 13h30. Il y aussi une pétition à signer, ici. Et le groupe Facebook est ici.

Dix mille choses qui sont vraies

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Il restera toujours des raisons de garder espoir

Peu importe la super attitude super optimiste que l’on puisse s’efforcer de maintenir, peu importe ce que la religion ou les gourous de la croissance personnelle ou les scénaristes professionnels essaient de nous faire croire, il y a un fait incontournable : la vie a vraiment le don de mal virer. À tout moment, la maladie ou la mort peut frapper, la folie meurtrière se déclencher, notre coeur se briser, notre fortune tourner, des catastrophes en tous genres s’abattre sur nous, nos proches, notre communauté, notre civilisation. Et tout ceci souvent sans la moindre logique ou un quelconque sentiment de justice qui nous permettrait au moins de comprendre, de dire un plus un égale deux, de dire action/réaction, de dire cela devait arriver, est cohérent, est acceptable.

Malgré ce constat désolant, la découverte la plus fondamentale que l’on puisse faire, dans la vie, est peut-être que quoi qu’il arrive, quels que soient les bâtons que la vie mettra dans nos roues, il restera toujours des raisons de garder espoir. Le problème, avec cet apprentissage, c’est qu’on ne peut le faire qu’en l’expérimentant nous-mêmes. Et c’est souvent au bout de la nuit la plus noire, lorsque tout semble perdu pour de bon, qu’un beau matin on change d’idée, sans trop savoir pourquoi; à cause d’une rencontre, peut-être, ou d’un projet, ou d’un vague sentiment d’illumination qui nous aura envahis, l’espace de quelques secondes.

On peut l’expliquer comme on veut, cette étonnante renaissance de l’espoir: intervention divine, pulsion génétique, sous-produit évolutionnaire. L’important est qu’elle soit là, et qu’ainsi on soit capable de sortir du lit ce matin-là, et le jour d’après, et le jour d’après. Parce qu’une vie passée à regarder des talk-shows d’avant-midi, la poitrine couverte de miettes de biscuits, ce ne serait pas vraiment une vie.


Nicolas Langelier

Paru dans La Presse, vendredi 28 mars 2008

Portrait de l'Artiste en jeune perfectionniste

Un bien bon portrait d'Alex Kovalev, dans le Globe and Mail d'aujourd'hui.

Quand la résistance devient un charmant archaïsme

G2front_2Que penser du fait que David Cameron, le chef du Parti conservateur britannique, proclame son amour pour la musique de groupes comme The Smiths et The Jam, qui ont pourtant passé les années 80 à contester les politiques de son parti?

Un essai dans le Guardian d'aujourd'hui: Hands off our music!

In the wake of the IRA attack on the 1984 Conservative party conference, for example, Morrissey rather regrettably claimed that "the sorrow of the Brighton bombing is that Thatcher is still alive". By way of pointing up his lack of remorse, his first solo album, Viva Hate, featured a particularly pointed composition entitled Margaret on the Guillotine, which ran thus: "Kind people have a wonderful dream/Margaret on the guillotine/Because people like you/Make me feel so tired/When will you die?" The song has been endlessly mentioned by those who have been querying Cameron's attachment to the Smiths, but to no avail. Just lately, he was once again presented with the words during a Guardian webchat, but batted them away with a glib flourish: "The lyrics - even the ones I disagree with - are great, and often amusing."


Dix mille choses qui sont vraies

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On aime donc ça, les beaux gros chiffres ronds

Il y a quelque chose dans le chiffre rond qui nous touche, nous incite à la réflexion ou à la nostalgie, à la célébration ou à l’angoisse. Comme s’il nous forçait à prendre un peu de recul face à notre vie trépidante, et nous poser de profondes questions du genre:

• « Suis-je vraiment dans la situation glorieuse à laquelle je rêvais lorsque, plus jeune, je m’imaginais à l’âge de 30 ans? Que me manque-t-il? Un amour véritable? Un emploi stimulant? Quelques paires de souliers et deux ou trois espoirs supplémentaires? »

• « Que cela signifie-t-il, que la bourse ait franchi la barre des 12 000 points, ou que le pétrole ait atteint le prix de 100$ le baril, ou que l’or se négocie maintenant à 1000$ l’once? Y a-t-il lieu de se réjouir, ou devrions-nous plutôt faire des réserves de boites de conserve? »

• « Notre club social a 25 ans/notre pays a 250 ans/notre civilisation a mille ans: que souhaitons-nous, pour le prochain quart de siècle ou millénaire? Un peu plus d’épluchettes de blé d'Inde et un peu moins de génocides? Et surtout : célébrerons-nous cela avec beaucoup d’alcool ou un feu d’artifice ou les deux? »

Cela dit, notre engouement pour les chiffres ronds semble s’intensifier, depuis quelques années, en raison surtout des médias, qui ont pour eux le même genre d’affection que certaines personnes ont pour la cocaïne. Aux traditionnels 10-25-50-100-etc. s’ajoutent dorénavant des nombres qui jusqu’à maintenant n’étaient pas vraiment considérés comme ronds. Le 5, par exemple, ou le 15, ou le 35. Au rythme où vont les choses, on devrait bientôt nous forcer à réfléchir à la signification profonde des 18 mois au pouvoir d’un gouvernement, ou à célébrer le 3e anniversaire de la fois où il a plu vraiment fort.

À surveiller: le 11. Lorsque ce chiffre insignifiant sera jugé digne d’être souligné, c’est que nous serons définitivement allés trop loin, et ce ne sera pas bon signe. Profitez-en alors pour empiler les boites de conserve et discrètement, très discrètement vous réfugier au fond des bois.

Nicolas Langelier
Paru dans La Presse, vendredi 14 mars 2008

QUELQUES TEXTES, CHRONIQUES ET CHOSES DIVERSES

  • Un aperçu de mes contributions récentes à des journaux, magazines, sites web, émissions radiophoniques et autres.

Chroniques télé

Critiques

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